Accueil
Vers PDF  IMPRIMER  Les Autres Documents Mis en ligne le 31 Aôut 2009
 
Union Syndicale CGT
des Services Publics Parisiens
logo Union Syndicale
 

 


Discours de la commémoration

du 65ème anniversaire

de la Libération de l’Hôtel de Ville
 

 

Monsieur le Président du Comité Central de Libération de Paris,

Monsieur le Maire de Paris,

Mesdames et Messieurs les Maires Adjoints,

Mesdames et Messieurs les Conseillers de Paris,

Mesdames et Messieurs les Maires d'Arrondissement,

Monsieur le Préfet de Paris,

Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Chers Camarades,

Permettez-moi, au nom du Comité du Souvenir, du Comité Central de Libération de l'Hôtel de Ville, au nom de l'Union Syndicale C.G.T., du Groupement Résistance Seine, de vous remercier d'avoir répondu à notre invitation.

En célébrant ce 65ème anniversaire de la Libération de Paris, nous voulons rendre hommage aux peuples alliés qui, le 8 Mai 1945, mirent fin au nazisme.

Nous voulons rendre hommage à toutes celles et à tous ceux, qui nombreux sur notre territoire, luttèrent en faisant le sacrifice de leur vie pour la liberté de notre pays, pour le rétablissement de la République Française et de ses institutions démocratiques.
Pendant 4 ans, la France a été occupée par les nazis, et durant ces 4 années alors que de grands industriels trahissaient, la classe ouvrière résistait.

En 1944, la classe ouvrière était prête pour l'insurrection finale. Le 18 août un mot d'ordre de grève, lancé par l'Union des Syndicats C.G.T. de la Région Parisienne et l'appel du Comité Parisien de Libération ont permis de déclencher l'insurrection dès le 19 août.

L'intervention de la 2ème D.B. avec son armement lourd, a aidé les insurgés parisiens à libérer Paris.

En se libérant lui-même le peuple parisien a pris son avenir en main.

Cette Commémoration de la Libération n'est pas l'affaire des seuls participants, des survivants de l'époque, c'est un héritage à prendre et à faire fructifier parmi les générations d'aujourd'hui et de demain.

L'insurrection a permis l'installation d'un gouvernement Français, ayant entre autre pour tâche, d'appliquer le programme du Conseil National de la Résistance.

Dans un article, paru le 13 mars 2004 dans la presse, Georges Seguy, ancien Secrétaire Général de la CGT, insistait sur les objectifs de la résistance qui n’étaient pas seulement de chasser l’envahisseur du territoire national, d’écraser la barbarie nazie et de punir les traîtres, mais d’intégrer à la perspective de la Libération nationale l’avènement d’une République nouvelle, indépendante, démocratique et sociale.

C’est ainsi qu’à pris corps le programme du Conseil National de la Résistance. Porteur de la marque du Front Populaire de 1936, il en portait aussi la critique quand à l’insuffisance criante de réformes de structures.

L’idée fondamentale de ce programme prévoyait qu’il ne saurait y avoir de redressement, d’instauration d’une véritable démocratie politique sans l’instauration d’une démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie.

Cette grande idée n'a pu être réalisée pleinement car les forces réformistes qui dirigeaient notre pays, dans les années qui suivirent cette guerre, ont cédé à la pression du grand capital international.

Aujourd'hui encore, le monde de la finance, à travers la bourse, la mondialisation et la course aux profits rapides et juteux, sacrifie notre capacité à rester une grande nation industrielle. Ceci est en pleine contradiction avec les réformes proposées par le Conseil National de la Résistance et reste toujours d’actualité.
Cette cruelle réalité, vient de nous être rappelée par la crise financière, crise que l’Etat cautionne en offrant à la finance des milliards d’€ sans aucune contrepartie, si, celle que les actionnaires, traders, boursiers en tout genre vont se partager de grosses plus values faites sur le dos des salariés, des retraités, des chômeurs…

Le Service Public, le système de Protection Sociale, le statut de la Fonction Publique, les conventions collectives, le code du travail, le droit de grève, le droit au logement, au travail, à un salaire décent, à une retraite pour tous, les libertés collectives et individuelles et d'autres fondements progressistes de notre société, sont en grande partie issues du programme du Conseil National de la Résistance.

Rien ne justifie le fait que ces conquêtes sociales soient menacées ou remises en cause.

D’ailleurs les salariés se sont largement exprimés ces dernières années contre la remise en cause des retraites et des salaires, des statuts publics et droits privés.

Et au moment de la crise, la CGT avec les salariés rappellent que plutôt que d’investir dans la finance, il valait mieux investir dans les salaires et les pensions pour relancer l’économie par la consommation.

Si le gouvernement et le patronat en ont une large responsabilité, le Maire de Paris en tant qu’employeur est lui aussi responsable de sa politique salariale et il peut encore faire le choix d’une amélioration des reclassements indiciaires et des déroulements de carrière ainsi que l’augmentation des effectifs.

Ainsi, nous saurons faire honneur à toutes celles et ceux qui se sont battus pour obtenir de grandes conquêtes sociales y compris sous l’occupation nazie.

Le non à la constitution européenne du peuple français consulté par référendum portait en lui le rejet de la non prise en compte des nombreux besoins sociaux en Europe et la crainte de voir remis en cause de grandes conquêtes sociales.

Les français ne s’étaient pas trompés et ce n’est pas, par un « mini traité », adopté uniquement par voie parlementaire, bafouant ainsi le choix du peuple, en ne retenant que les réformes institutionnelles, que l’on renforce l’Europe des peuples, l’Europe sociale, l’Europe de la paix bien au contraire les faits sont là.

Fidèles à l’état d’esprit de ces hommes et de ces femmes qui ont sacrifié leur vie, nous voulons une Europe fondée sur les besoins des travailleurs et des populations, ainsi que des coopérations mutuellement avantageuses entre nations souveraines.

Fidèles à l’état d’esprit de ces hommes et de ces femmes qui ont sacrifié leur vie, nous voulons maintenir et développer un Service Public de qualité fondé sur les besoins véritables des usagers et des personnels.

Ces hommes et ces femmes voulaient une société humaine et juste et nous le voulons aussi.

Aujourd'hui, comme hier les travailleurs de nos services, avec leurs organisations syndicales C.G.T., mettront tout en oeuvre pour maintenir et développer le Service Public tant au niveau national qu’à Paris.

Le Maire de Paris après avoir immortalisés entre autres camarades, en inaugurant différents lieux à Paris, André Tollet, Rol Tanguy, Henri Kasucki qui n’ont eu de cesse, toute leur vie durant, de combattre le nazisme et défendre les conquêtes sociales issues du programme du Conseil National de la Résistance.

Pourtant, dans le même temps, il n’hésite pas à livrer aux appétits financiers la collecte des ordures ménagères dans 2 arrondissements, l’ensemble de l’eau de Paris de la production en passant par le contrôle et la distribution, des petits pans de Service Public par ci par là, tout en favorisant à grand renfort de subventions les modes privés ou associatifs pour l’accueil des jeunes enfants…

Il ne peut y avoir de bons services publics, sans fonctionnaires en nombre suffisant, pour les faire fonctionner, sans fonctionnaires motivés par une carrière attractive et un bon salaire.

Les tentations de remise en cause des droits syndicaux et du droit de grève sont grandes dans notre pays.

Aujourd’hui comme hier nous ne laisserons pas museler le mouvement social tandis que s’installe un climat de peur et de suspicion entretenu.

Aujourd’hui comme hier, les temps ne sont pas les mêmes mais se ressemblent étrangement, le gouvernement, les médias qualifient de saboteurs, de terroristes, de prises d’otage les actions syndicales, n’hésitant pas à emprisonner des syndicalistes , tout comme les nazis qualifiaient d’actes terroristes les actions de la Résistance.

Mais qui sont les terroristes, les patrons, les actionnaires, le gouvernement qui licencient, qui dilapident les acquis de la résistance où ceux à qui l’on prend tout ?

Nous nous n’oublions pas, que le Maire de Paris a porté plainte contre des salariés d’EDF en lutte, car ils voulaient entrer dans l’Hôtel de Ville !!!

Dans le sillon de nos anciens, nous relevons le défi de la lutte pour la satisfaction des besoins sociaux et le recul de la pauvreté opposés à l’égoïsme des plus riches qui bénéficient aujourd’hui d’un bouclier fiscal qui laisse pantois tant la fortune amassée par les plus riches est immense.

Toutes les évolutions de la société, aujourd'hui, comme demain, doivent être tournées vers le bonheur de l'être humain et la préservation de notre planète. Les progrès extraordinaires des moyens technologiques bien maîtrisés le permettent.

C'est bien pourquoi, en ce troisième millénaire, il n’est plus possible d’accepter de voir se développer à une vitesse effrayante la misère, la précarité, l’exclusion.

Il n’est plus possible aujourd’hui d’accepter que des millions de personnes ne puissent pas se loger, se nourrir, se vêtir, se soigner décemment dans notre pays.

Il n'est plus possible d'accepter, qu'encore aujourd'hui, en France et dans le monde, la recherche de profits maximums sacrifient les êtres humains et que des milliers de salariés se retrouvent sans travail et de fait "mis au ban de la société".

Fabris, Caterpilar, Continental, Sanofi Aventis, Molex, Aubade, Freescale, Rencast... ou encore RFI, TDF…, entreprises ou sites confrontés aux restructurations, délocalisations, plans « sociaux » ou liquidation en tous genres, autant de salariés sacrifiés au nom de la rentabilité financière des actionnaires et que l’Etat n’a pas aidé comme il a aidé la finance, les banques alors qu’il aurait pu les nationaliser au contraire il continue à aggraver la situation en privatisant La Poste.

La Protection Sociale, la santé en général, sont fragilisées. La loi de l’argent domine, à l’heure où tout le monde s’attend à une grande pandémie, des services entiers de l’hôpital public ferment, l’égalité des soins et sa gratuité est de plus en plus remis en cause.

La Sécurité Sociale est un héritage national, du programme du Conseil National de la résistance, qui ne peut être vidé de son contenu. Notre centre de Sécurité Sociale professionnel 602, ses correspondants en sont des acteurs essentiels et doivent être préservés et étendus dans chaque Direction de la Ville de Paris.

Non vraiment, ce n'était pas l'idéal de celles et ceux que nous honorons aujourd'hui.

Oui, vraiment tous ces fléaux doivent être combattus, avec encore plus de détermination. Il devient urgent de redonner à notre jeunesse les perspectives d’un avenir meilleur. C’est bien pour ce combat là que sont tombés celles et ceux à qui nous rendons hommage aujourd’hui.

C’est pourquoi,

  • Aujourd’hui comme demain, il convient de prendre des mesures économiques et législatives réellement anticapitalistes pour opérer des choix décisifs alliant les intérêts de la Nation et ceux du monde du travail.

  • La France se doit de respecter le courage de son peuple, de ces femmes, de ces hommes qui dans les durs moments de la guerre 39/45 à tous les échelons de notre société, ont su par delà leurs idées, se retrouver et faire face ensemble à l'adversité.

  • Au plan national et international, les forces d'extrême droite, continuent d’avoir une influence qu'il ne faut pas négliger, et qui constitue un danger pour la démocratie et les libertés dans notre pays.

  • Rien ne saurait justifier, ceux, qui misant sur les méfaits de notre société, font tout pour faire resurgir les réflexes racistes et xénophobes, thèmes chers au nazisme.

  • Rien ne saurait non plus justifier l’attitude de ceux qui contribuent au développement de ces thèses.

  • Nous condamnons fermement tous les comportements qui conduisent à entretenir le terreau de la haine raciale.

 

Peut-on rester sourd et aveugle face aux cris de détresse que des populations entières adressent aux dirigeants européens et internationaux ?

Peut-on rester sourd et aveugle face à ces pays où des êtres humains meurent chaque jour de faim et de soif ?

Non, rien ne saurait justifier les pratiques qui bafouent les valeurs républicaines, humanistes et de respect des droits de l'Homme qui font l’honneur et l'image de la France dans le monde ; valeurs auxquelles étaient profondément attachées celles et ceux que nous honorons aujourd’hui.

C’est aussi ce qui renforce comme tant d'autres organisations et de personnalités, notre combat de fond avec les sans-papiers et sans droits, les sans logis, tous les exclus de notre société.

Sans papiers et sans droit dont nous rappelons que, pour beaucoup d’entre eux, leurs parents se sont sacrifiés pour la France dans les deux guerres mondiales.

La France, terre d’asile, doit le rester. Nous condamnons toutes les expulsions, les arrestations de sans papiers, nous exigeons la régularisation de tous les sans papiers.

Il y a de par le monde des situations qui restent très préoccupantes et qui constituent de graves dangers pour les libertés, la démocratie et la paix.

Que ce soit au Proche-Orient, en Afrique ou dans d’autres pays, nous ne pouvons accepter de voir des nations entières basculer dans l’horreur, la violence, et des millions de victimes innocentes sacrifiées. L’actualité nous en donne malheureusement de cruels exemples. L’Irak, l’Afghanistan, les conflits incessants entre Israël et les palestiniens sont des guerres injustes, supportées, pour l’essentiel par les habitants au nom d’intérêts purement économiques et capitalistes.

Où qu’elle soit, la guerre est toujours un drame pour les populations ; car elle draine son cortège de victimes innocentes, de destructions massives de toutes sortes. Elle laisse toujours des traces indélébiles.

Il est indispensable pour que gagne la paix que tous les peuples gagnent enfin leur liberté. A l’Est comme à l’Ouest, du Nord au Sud, cela ne peut se faire sans qu’un nouvel ordre économique international s’installe et permette de régler au plus vite tous les problèmes, dans l’intérêt des peuples concernés, par la voie de la raison et du dialogue.

Combien de décennies vont mettre les pays touchés par les horreurs et les violences de la guerre pour se reconstruire ?

La paix est trop précieuse pour que nous ne luttions afin de la préserver. Un seul souci nous guide l'intérêt des peuples. Le désarmement et la sécurité collective entre les nations sont autant de questions d'actualité.

Qui peut nier aujourd'hui que le développement du progrès social passe inévitablement par un désarmement massif, l'arrêt total et définitif des essais nucléaires.

Avec toutes les forces de paix en France et dans le monde nous crions ; consacrons à la vie ce qui est consacré à la mort.

Non l'oubli n'est pas de mise, et c'est à nous qu'il revient de ne pas permettre qu’il s'installe.

L'hommage qui nous rassemble aujourd'hui, s'inscrit pleinement dans notre volonté de paix immédiate.

Nous irons d’une manière forte et volontaire, avec toutes les forces de progrès vers toujours plus de justice sociale et économique, de démocratie et de paix, un idéal qui animait celles et ceux qui sont tombés pour la libération de notre pays et pour lequel nous sommes réunis aujourd'hui, afin d'honorer leur mémoire.

 

Permettez-moi de citer parmi eux :

JANSELME Ingénieur des Services Techniques

DUCOSTAL Chef de Bureau

LE MANER Adjoint Technique

MORTUREUX Sous-Brigadier

THOMOUX Hôpitaux Psychiatriques

MAURY Égoutier

ROBINET Cantonnier Nettoiement

POURCHASSE Ouvrier d'État - Service des Eaux

CELTON Préposé Assistance Publique

LATHUILLE Commis.

 

A l'hommage que nous rendons à la mémoire de nos camarades, nous associons celui qu'avec toute la population parisienne nous devons au 8 élus de la capitale, Conseillers Municipaux et Généraux Communistes ainsi qu'à tous les combattants avec ou sans uniformes, fusillés pour la Libération de la France.

Au nom de tous ces hommes et de ces femmes, nous avons fait le serment de transmettre aux générations futures, les enseignements de leur lutte.

Nous leur jurons de remplir avec honneur ce solennel engagement.


Paris le 27 août 2009

 

 
REAGIR SUR CE COMMUNIQUE NOUS CONTACTER
 
-  Mentions Légales  -     Haut de Page