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Vers PDF  IMPRIMER  Les Autres Documents  Accueil Mis en ligne le 15 Décembre 2013
 
Union Syndicale CGT
des Services Publics Parisiens
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Déclaration préliminaire CGT

au CTP central du 11 décembre 2013

sur les rytmes scolaires
 

 

Le système éducatif français s'est nettement dégradé entre 2003 et 2012, selon une enquête de l'OCDE, qui souligne la forte augmentation du nombre d'élèves en échec scolaire, particulièrement dans les classes sociales défavorisées.

Dans la nouvelle édition du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa), qui évalue les compétences des jeunes de 15 ans dans les domaines de la lecture, des mathématiques et des sciences, la France est rétrogradée à la 25e place des 65 pays ou économies participants.

Dans le Pisa 2009, la France occupait la 22e place dans le classement global des compétences, à quelques encablures de l'Allemagne, qui la devance désormais à la 16e place.

L'Estonie, la Pologne, le Viêtnam, l'Australie, l'Irlande, la Slovénie, notamment, sont également devant la France.

Un proverbe africain dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant, et pas seulement une école, mais il faut essentiellement une école.

C’est dans ce contexte que M. Peillon met en place sa réforme des rythmes éducatifs.

  1. Le ministre de l’éducation durcit la carte scolaire, ce qui est une mesure plus républicaine. Dans cette loi, la finalité de l’école est clairement affichée: elle insiste sur la formation à la citoyenneté, à la solidarité, à travers un enseignement moral et laïque. »

  2. L’idée d’alléger la journée d’école pour permettre à l’enfant de pratiquer des activités sportives et culturelles paraît bonne.

 

Mais le risque est d’introduire des inégalités territoriales. Les activités périscolaires prévues après les heures d’école sont à la charge des municipalités. Quid des municipalités rurales isolées, quid des villes qui ont peu de tissu associatif pour gérer les activités des enfants ?
L’offre n’est pas la même pour tous les écoliers.

Pour l’instant, seules 22 % des classes expérimentent ce dispositif.

Le premier bilan est négatif, notamment dans les écoles maternelles où on réveille les enfants de la sieste pour les faire participer à des activités.

Dans les écoles primaires, les enfants sont fatigués. Et ce n’est pas parce qu’ils se couchent tard comme le prétend le M. le Ministre.

La totalité des écoles publiques devront avoir mis en œuvre la nouvelle organisation de la semaine d’ici à la rentrée 2014. Mais le « fonds d’amorçage », qui permet à l’État d’attribuer aux mairies 50 € par élève et par an, concerne, pour un an seulement, les villes et les villages qui ont choisi de passer aux quatre jours et demi dès à présent.

Seules les communes défavorisées, rurales comme urbaines, pourront bénéficier d’une aide de 90 € pendant deux ans.

Pour faciliter la réforme, les caisses d’allocations familiales versent un peu plus de 50 centimes par heure et par enfant.

Via son fonds national d’action sociale, la Cnaf devrait débourser 10 millions d’euros cette année civile, 90 l’an prochain et 250 en 2015, 2016 et 2017.

Une montée en puissance qui ne devrait pas suffire car le coût moyen, pour recruter des animateurs, ouvrir les cantines le mercredi midi ou encore renforcer le transport scolaire, s’élève à 150 € par an et par élève.

L’état va-t-il verser les compensations financières ?

 

S’agissant des conservatoires, la CGT vous rappelle que le 12 juin 2013, 7 conservatoires étaient totalement fermés et les autres étaient en grève.

Nous sommes en Décembre et la mise en place du renforcement des effectifs n’est toujours pas là. IL y a une véritable difficulté à recruter.

Pourquoi un administratif qui dans une direction travaille du lundi au vendredi sur des heures de bureau viendrait il à la Dac pour le même salaire mais en travaillant du mardi au samedi, en nocturne pour les concert à moins d’aimer la musique.

C’est d’ailleurs pour cela que l’on voit postuler essentiellement des gens venant des piscines qui ont déjà des horaires décalés.

Avant la mise en place de l’ARE il manquait déjà 20 postes dans les conservatoires, ils manquent toujours.

Les agents ont abattu un travail colossal pour que la rentrée se passe bien. Ils n’ont reçu aucune prime en contrepartie, ni même un remerciement.

C’est la reconnaissance au travail vu par la Ville de Paris !

 

Depuis sa mise en place, cette réforme a engendré une véritable cacophonie dans l’organisation. Certaines associations offrent les services d’animateurs dont la formation peut s’avérer incertaine mais doivent pourtant prendre en charge des groupes de 14 enfants.

La CGT dénonce la dégradation des conditions de travail des personnels et la dégradation des conditions d’apprentissage des enfants, perdus et fatigués.

Les ASEM qui s’occupent des enfants tout au long de la journée ont droit à la reconnaissance de leur travail via une filière et un régime indemnitaire adapté qui est largement insuffisant.

La CGT attire aussi votre attention sur le manque de personnel

  1. Des ATE en école élémentaires et écoles polyvalentes.

  2. Des ATEM en école maternelle largement insuffisant.

 

La CGT vous demande de renforcer les effectifs pour ces personnels et leur régime indemnitaire.

S’agissant des UGD dans les CASPE Les recrutements massifs de vacataires, animateurs, ont créé une surcharge de travail massive chez les agents des UGD, à tel point que les renforts qui auraient pu étoffer les effectifs dans les UGD refusent d’aller travailler en CASPE.

Les horaires de travail dérapent de 9heures à 19h30. Les heures supplémentaires sont écrêtées. Les UGD ne peuvent bénéficier des formations auxquelles elles aspirent en raison des nécessités de service.

Ces éléments objectifs attestent de la montagne de dossiers à traiter.

Les attestations pour le pôle emploi prennent plusieurs mois.

A titre d’exemple, les agents prennent en charge :

L’habillement, les cartes professionnelles, les arrêts maladie, l’accueil téléphonique, les congés bonifiés, les médailles, les accidents de travail, les retraites, payes des non titulaires le samedi, les formations (liste non exhaustive).

Comment gérer les priorités quand tout est prioritaire et que les CSP comptables croulent eux-mêmes sous une masse de dossiers ?

 

Les agents qui ont l’obligation d’être opérationnels et réactifs travaillent dans l’urgence. Le stress permanent risque de conduire à un épuisement professionnel.

D’ailleurs les personnels expriment leur souffrance d’un travail mal fait, et de la détérioration de la qualité du service public ce qui les incitent à faire valoir leur droit à la mobilité.

La surcharge de travail, peut avoir des conséquences graves sur la santé des personnels. D’ailleurs, on observe une augmentation des arrêts maladies dans les CASPE. Or, vous savez certainement que la Cour de cassation estime que l’épuisement professionnel, peut être une faute de l’employeur qui n’a pas satisfait à son obligation de sécurité de résultat de préserver la santé de son salarié.

Il devient urgent de renforcer les effectifs.

Connaissant votre attachement à la santé de vos agents, la CGT est persuadée que vous aurez à cœur de reconnaître le travail de vos agents qui oeuvrent dans les services déconcentrés via une NBI et un régime indemnitaire adapté.

Cette réforme, dont le financement est soumis à la volonté des communes, marque la fin de l’égal accès à l’école pour tous les élèves.

Le glas de la gratuité a sonné puisque certaines communes choisissent de faire payer les activités péris scolaires aux parents.

Ce n’est pas cette réforme qui permettra aux enfants des classes sociales défavorisées de rattraper leur retard scolaire surtout après la mise en place de la métropole du Grand Paris.
Les déprécarisations annoncées auraient pu être faites dans le cadre de la loi du 12 mars 2012.

La CGT demande l’abrogation du décret Peillon, mais revendique de nouveaux rythmes scolaires en concertation avec les syndicats enseignants, les associations de parents d’élèves et les organisations syndicales.

Pour conclure, la CGT vous rappelle qu’elle mettra tout en œuvre pour faire retirer la délibération DRH 2013-66 adoptée lors du CSAP.

Si la Ville de Paris veut un jour se voir attribuer l’organisation des Jeux Olympiques, elle doit adopter une politique sportive ambitieuse en respectant les professionnels du sport.

Le respect des animateurs qui oeuvrent pour la formation à la citoyenneté de nos enfants, mérite la création d’une véritable filière animation telle qu’elle existe dans la Fonction Publique Territoriale.

 

 
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