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Vers PDF  IMPRIMER  Les Autres Documents  Accueil Mis en ligne le 13 Décembre 2013
 
Union Syndicale CGT
des Services Publics Parisiens
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Déclaration préliminaire CGT

au CTP central du 11 décembre 2013
 

 

Madame la Présidente,

L’heure du bilan a sonné. Nous arrivons au terme de la deuxième mandature de M. Delanoë avec une fin de règne marquée par un parti politique, le votre, qui détient tous les pouvoirs.
Retraites, ANI et précarité, suppression des prud’hommes, travail du dimanche et de nuit, augmentation des impôts dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat et de suppression des services publics.

La CGT veut faire un focus sur ces mesures anti-sociales et leurs répercussions sur les agents de la Ville de Paris.

 

1 – RETRAITES :

Pour la première fois c’est la gauche qui casse nos retraites

Les 15 octobre et le 22 novembre, les députés ont voté à une faible majorité, un recul historique de nos retraites.

C’est un jour de honte dans l’histoire de la gauche, qui a effacé 30 ans d’histoire depuis la conquête de la retraite à 60 ans.

Cette réforme contrecarre 20 ans de luttes sociales, de 1993 à 1995 et de 2003 à 2010 contre les sales réformes de la droite.

La CGT continuera à se battre car le vote final est prévu le 18 décembre, juste avant Noël.

La droite a fait passer le droit à la retraite de 60 ans à 62 ans en 2010.

La droite a fait passer le nombre d’annuités cotisées de 37,5 ans à 42 ans entre 1993 et 2020.

La droite a fait passer le nombre d’années pour calculer le taux de la retraite de 10 ans à 25 ans entre 1993 et 2008.

La droite a fait passer l’âge du départ à taux plein (sans le nombre d’annuités cotisées) de 65 ans à 67 ans en 2010.

Les pensions ont diminué de 9 % entre 1993 et 2003 selon le Cor (conseil d’orientation des retraites).

Les pensions vont baisser de 25,5 % entre 2011 et 2060 toujours selon le Cor.

Chaque fois depuis 20 ans, la gauche a combattu ces mesures de régression :

  • En 1997 vos amis ont réduit la durée du travail à 35 h sans perte de salaire : il est contradictoire d’allonger la durée du travail sur la vie après l’avoir réduit sur la semaine.

Le MEDEF et ses ANI tuent puisque l’espérance de vie en bonne santé diminue alors que le PIB a doublé, et que la France n’a jamais été aussi riche dans son histoire.

Cette régression des retraites creuse les inégalités et exaspère les opinions faisant ainsi le lit de l’extrême droite.

La désespérance de vos agents, de la population, nous conduit inexorablement vers le populisme qui va s’ériger en arbitre lors des prochaines élections.

A la Ville de Paris le montant moyen de la pension servie avoisine les 1000 euros. Une fois déduite la CSG, on avoisine le seuil de pauvreté. Douze ans de mandature de M. Delanoë pour en arriver là !

D’après le rapport de la médecine statutaire, on observe un doublement du nombre d'agents reçus afin de déterminer l'aptitude à la prolongation d'activité, ce qui est à rapprocher de l'évolution générale en matière de départ à la retraite.

La Ville de Paris qui prétend mettre en place un plan d’égalité femmes/hommes n’est pas servie par sa majorité politique qui allonge encore la durée du travail !

 

2 – L’ANI et la précarité.

Loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 relative à la sécurisation de l’emploi publiée au Journal officiel du 16 juin 2013

La loi du 14 juin 2013 a eu pour conséquence une explosion des CDD de moins d’un mois.
La loi dite sans honte, de « sécurisation de l’emploi », accorde aux patrons des nouvelles facilités pour accroître, accélérer, multiplier les licenciements boursiers, faire des plans de mutations internes forcées, baisser les salaires, moduler les horaires.
1017 plans sociaux de plus depuis l’ANI !

Loi de sécurisation !

Vous avez sécurisé quoi ? Gad ? Alcatel Lucent ? Fagor Brandt ? Air France ? Michelin ? La Redoute ?

La loi prévoyait une « complémentaire santé ». Les grosses assurances privées, telles AXA, Allianz, etc… veulent mettre la main sur le pactole de 4 milliards d’euros disponibles.
Les ANI du MEDEF licencient car ils veulent, pour plaire aux banques et à la finance, une rentabilité à deux chiffres : de 10 à 15 %.

Les ANI du MEDEF préfèrent la finance à l’embauche, la spéculation à l’emploi, le capital au le travail.

C’est la logique du système auquel il faut s’attaquer si l’on veut lutter contre le chômage de masse et la désindustrialisation du pays.

Le Medef n’est pas un allié pour combattre le chômage, mais un ennemi car il y a INTERET !
Seule, la réduction du temps de travail de 35 heures et le retour de la retraite à 60 ans peuvent réellement inverser la courbe du chômage.

Le blocage du SMIC bloque la relance économique et bloque l’emploi.

Et ce n’est pas le recours aux emplois aidés qui va inverser la courbe du chômage.

La Ville de Paris recourt massivement au CAE, CUI, etc… Ces collègues sont placés sur des emplois pérennes et se substituent à des emplois de fonctionnaires. Pourtant ils sont licenciés sans état d’âme quand la Ville de Paris considère qu’ils ne servent plus à rien.

La CGT a fait condamner la Ville aux prud’hommes à plusieurs reprises. Nous attendons que la Ville verse les indemnités qu’elle doit aux agents.

La Ville de Paris tue progressivement l’emploi public.

La Ville de Paris se comporte comme un mauvais patron de droit privé, exploite les non titulaires, verse le salaire des vacataires avec un mois de retard.

La Ville de Paris paye les indemnités chômage avec 4 mois de retard, laissant les personnels se débattre dans des difficultés financières, notamment les femmes seules avec enfant.

La Ville de Paris refuse d’accorder la subrogation aux non titulaires lorsqu’ils sont malades.

La CGT attend que la Ville de Paris augmente l’APS de manière substancielle pour permettre à ses agents de bénéficier d’une véritable complémentaire santé.

 

3 – Tuer les prud’hommes

Pour défendre leurs maigres droits, les précaires pouvaient se tourner vers les prud’hommes.

La CGT a gagné aux prud’hommes plusieurs fois contre la Ville de Paris.

Là encore vos amis veulent faire reculer la démocratie en supprimant les élections prud’hommales et pourquoi pas les prud’hommes !

Criminaliser l’action syndicale ne vous suffit plus.

Vous tentez de supprimer la vie syndicale elle-même !

Vous n’avez pas peur de donner 440 millions d’euros à ECOMOUV, mais vous craignez de dépenser 91 millions d’euros pour cette élection qui permet aux salariés de se défendre contre les abus patronaux.

Motif invoqué : l’abstention des salariés ! Si le jour du vote, une fois tous les 5 ans, était férié, le taux de participation augmenterait.

La CGT vous rappelle que les salariés immigrés ont le droit de voter dans ce scrutin national pour élire les juges de la République ! Ne leur retirez pas ce droit !

A la Ville de Paris, la nouvelle mode est le délit d’entrave.

And the winner is : Ex aequo la DASES ou la DDEEES au choix ! Mais ce ne sont pas les seuls !

 

4 – Travail du dimanche

Y a t il un rapport entre le travail le dimanche et l’emploi ? Oui ! Car l’extension du travail du dimanche va supprimer des emplois dans les petits commerces.

Dans un premier temps, il y aura des recrues du dimanche, puis les salariés du lundi et du mardi seront licenciés.

Plus les dimanches seront banalisés, moins il y aura de primes exceptionnelles…

Pour la CGT le doublement du salaire et un repos compensateur doivent être le minimum pour les salariés amenés à travailler exceptionnellement le dimanche.

Il n’existe pas de « volontariat » en droit du travail.

C’est toujours le patron qui décide.

Aucun salarié ne travaille le dimanche parce qu’il le veut mais parce que le patron le veut.
Tout salarié est subordonné. Il n’y a pas un seul salarié de ce pays qui souhaite travailler le dimanche de son plein gré…

C’est la femme pauvre et précaire qui finit par travailler le dimanche. Ou l’étudiant désargenté.

Leurs salaires sont trop bas, ils n’ont pas le choix.

La CGT revendique de conserver un temps de repos commun pour le vivre ensemble.

A la Ville de Paris, de nombreux agents travaillent le dimanche : piscines, gymnases, nettoiement, …. Ce sont ces agents le plus victimes de maladies professionnelle, voire de décès.

Le nombre de décès d’adjoints techniques à la DJS mérite une attention particulière de votre part. La CGT vous a alerté à de nombreuses reprises et attend que vous réagissiez.

 

5 – Fusion IR / CSG

La CGT ne saurait conclure sans évoquer votre idée de fusion entre l’impôt sur le revenu et la CSG.

Où ira l’argent du nouvel impôt mixé ?

Au budget de la protection sociale ou au budget de l’Etat ?

Dans ce dernier cas, ce ne serait pas une simplification mais une confiscation !

Car s’il y a DEUX budgets séparés, l’un de l’état et l’autre de la protection sociale, c’est grâce à la mise en oeuvre du programme du Conseil national de la résistance (CNR) si joliment intitulé « Les jours heureux ».

Les cotisations ne sont pas un impôt mais du salaire qui figurent sur nos bulletins de paie, pas sur un avis d’imposition.

La différence fondamentale entre impôt et cotisations, c’est que l’impôt n’est pas « pré affecté » alors que les cotisations le sont.

Nos aînés ne voulaient pas que ce qui était collecté pour notre maladie ou notre retraite puisse servir à autre chose, par exemple à la guerre.

Paradoxalement les libéraux qui réclament toujours moins d’état, n’ont eu de cesse… d’étatiser la Sécurité sociale car le budget de la protection sociale est de 450 milliards d’euros contre 300 milliards d’euros pour le budget de l’état.

Les libéraux refusent la taxation à la source de chacune de leurs opérations financières par une « taxe Tobin », mais exigent de prélever l’impôt à la source sur nos bulletins de salaire.

L’idée du prélèvement à la source, c’est-à-dire sur le bulletin de paie, confortera cette confusion des budgets vers un impôt généraliste que les majorités parlementaires pourront chaque année, affecter à leur gré à d’autres postes…

La CGT vous remercie pour votre écoute.

 

 
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