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Vers PDF  IMPRIMER  Les Autres Documents Mis en ligne le 23 Août 2008
 
Union Syndicale CGT
des Services Publics Parisiens
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Discours lu par l'Union Syndicale C.G.T.

lors de la commémoration du 64 ème anniversaire

de la Libération de l’Hôtel de Ville
 

 

Monsieur le Président du Comité Central de Libération de Paris,

Monsieur le Maire de Paris,

Mesdames et Messieurs les Maires Adjoints,

Mesdames et Messieurs les Conseillers de Paris,

Mesdames et Messieurs les Maires d'Arrondissement,

Monsieur le Préfet de Paris,

Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Chers Camarades,

 

Permettez-moi, au nom du Comité du Souvenir, du Comité Central de Libération de l'Hôtel de Ville, au nom de l'Union Syndicale C.G.T., du Groupement Résistance Seine, de vous remercier d'avoir répondu à notre invitation.

En célébrant ce 64ème anniversaire de la Libération de Paris, nous voulons rendre hommage aux peuples alliés qui, le 8 Mai 1945, mirent fin au nazisme.

Nous voulons rendre hommage à toutes celles et à tous ceux, qui nombreux sur notre territoire, luttèrent en faisant le sacrifice de leur vie pour la liberté de notre pays, pour le rétablissement de la République Française et de ses institutions démocratiques.

Pendant 4 ans, la France a été occupée par les nazis, et durant ces 4 années alors que de grands industriels trahissaient, la classe ouvrière résistait.

En 1944, la classe ouvrière était prête pour l'insurrection finale. Le 18 août un mot d'ordre de grève, lancé par l'Union des Syndicats C.G.T. de la Région Parisienne et l'appel du Comité Parisien de Libération ont permis de déclencher l'insurrection dès le 19 août.

L'intervention de la 2ème D.B. avec son armement lourd, a aidé les insurgés parisiens à libérer Paris.

En se libérant lui-même le peuple parisien a pris son avenir en main.

Cette Commémoration de la Libération n'est pas l'affaire des seuls participants, des survivants de l'époque, c'est un héritage à prendre et à faire fructifier parmi les générations d'aujourd'hui et de demain.

L'insurrection a permis l'installation d'un gouvernement Français, ayant entre autre pour tâche,  d'appliquer le programme du Conseil National de la Résistance.

Dans un article, paru le 13 mars 2004 dans la presse, Georges Séguy, ancien Secrétaire Général de la CGT, insistait sur les objectifs de la résistance qui n’étaient pas seulement de chasser l’envahisseur du territoire national, d’écraser la barbarie nazie et de punir les traîtres, mais d’intégrer à la perspective de la Libération nationale l’avènement d’une République nouvelle, indépendante, démocratique et sociale. »

C’est ainsi qu’a pris corps le programme du Conseil national de la Résistance. Porteur de la marque du Front populaire de 1936, il en portait aussi la critique quant à l’insuffisance criante de réformes de structures.

L’idée fondamentale qui prévaut, c’est qu’il ne saurait y avoir de redressement, d’instauration d’une véritable démocratique politique sans l’instauration d’une démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie.

Cette grande idée n'a pu être réalisée pleinement car les forces réformistes qui dirigeaient notre pays, dans les années qui suivirent cette guerre, ont cédé à la pression du grand capital international.

Aujourd'hui encore, le monde de la finance, à travers la bourse, la mondialisation et la course aux profits rapides et juteux, sacrifie notre capacité à rester une grande nation industrielle. Ceci est en pleine contradiction avec les réformes proposées par le Conseil National  de la Résistance et reste toujours d’actualité.

Le Service Public, le système de Protection Sociale, le statut de la Fonction Publique, les conventions collectives, le code du travail, le droit de grève, le droit au logement, au travail, à un salaire décent, à une retraite pour tous, les libertés collectives et individuelles et d'autres fondements progressistes de notre société, sont en grande partie issues du programme du Conseil National de la Résistance.

Rien ne justifie qu’au plan national ou local le fait que ces conquêtes sociales soient menacées ou remises en cause.
D’ailleurs les salariés se sont largement exprimés ces dernières années contre la remise en cause des retraites et des salaires, des statuts publics  et droits privés.

Ainsi, nous saurons faire honneur à toutes celles et ceux qui se sont battus pour obtenir de grandes conquêtes sociales y compris sous l’occupation nazie.

Le non à la constitution européenne du peuple français consulté par référendum portait en lui le rejet de la non prise en compte des nombreux besoins sociaux en Europe et la crainte de voir remis en cause de grandes conquêtes sociales.

Quand les peuples sont consultés démocratiquement par voie référendaire, ils ne s’y trompent pas. Les Irlandais ont rejeté le traité européen.

En France, faisant fi du choix du peuple exprimé par voie référendaire, la droite nationale a pu, avec quelques complicités d’hommes se prétendant encore de gauche, imposer par voie parlementaire un traité qui est la copie à peu de chose près de celui qui avait été récusé par le peuple français. Ce faisant, ils ne peuvent qu’accroître la défiance populaire à l’égard de cette construction européenne-là : ce qui se fait sans les peuples ne peut être compris que se faisant contre eux. Plus grave encore, c’est ancrer l’idée que le Parlement sert à contourner les choix du peuple, alors qu’il devrait être le lieu par excellence de leur expression. C’est là porter atteinte à un des piliers de la démocratie représentative.

 

Fidèles à l’état d’esprit de ces hommes et de ces femmes qui ont sacrifié leur vie, nous voulons une Europe fondée sur les besoins des travailleurs et des populations, ainsi que des coopérations mutuellement avantageuses entre nations souveraines.

Fidèles à l’état d’esprit de ces hommes et de ces femmes qui ont sacrifié leur vie, nous voulons maintenir et développer un service public de qualité fondé sur les besoins véritables des usagers et des personnels.

Ces hommes et ces femmes voulaient une société humaine et juste et nous le voulons aussi.

Aujourd'hui, comme hier les travailleurs de nos services, avec leurs organisations syndicales C.G.T., mettront tout en oeuvre pour maintenir et développer le Service Public tant au niveau national qu’à Paris.

Les dernières luttes le prouvent, le Maire de Paris après avoir remunicipalisé à nouveau une partie de la collecte des Ordures Ménagères, lors de sa précédente mandature, après avoir immortalisés entre autres camarades, en inaugurant différents lieux à Paris, André Tollet, Rol Tanguy et Henri Krasucki qui n’ont eu de cesse, toute leur vie durant, de combattre le nazisme et défendre les conquêtes sociales issues du programme du Conseil National de la Résistance, le Maire de Paris a décidé aujourd’hui de livrer sur un plateau d’argent la collecte des ordures ménagères dans 4 arrondissements. Cela remet en cause l’emploi statutaire, les statuts des salariés, les salaires, les retraites. Face à cette situation, la dégradation des conditions de travail des salariés du secteur privé, dans le domaine de la propreté, ne peuvent que nous inquiéter devant les risques encourus pour la santé publique.
La remunicipalisation de l’eau n’aura été qu’un bon effet d’annonce. Rien de très concret ne se profile à l’horizon pour un retour en régie directe du service.

Il ne peut y avoir de bons services publics, sans fonctionnaires en nombre suffisant, pour les faire fonctionner, sans fonctionnaires motivés par une carrière attractive et un bon salaire. Là encore, la lutte des personnels de la Petite Enfance a permis de renforcer l’emploi par la création de nouveaux postes, auxquels s’opposait le Maire de Paris. Il aura fallu une action constante de ces personnels pour obtenir quelques avancées, des luttes dont s’inspirent dans plusieurs directions nombre de salariés.

Les tentations de remise en cause des droits syndicaux et du droit de grève sont grandes dans notre pays.
Aujourd’hui comme hier nous ne laisserons pas museler le mouvement social tandis que s’installe un climat de peur et de suspicion entretenu.

Dans le sillon de nos anciens, nous relevons le défi de la lutte pour la satisfaction des besoins sociaux et le recul  de la pauvreté opposés à l’égoïsme des plus riches qui bénéficient aujourd’hui d’un bouclier fiscal qui laisse pantois  tant  la fortune amassée par les plus riches est immense.

Toutes les évolutions de la société, aujourd'hui, comme demain, doivent être tournées vers le bonheur de l'être humain et la préservation de notre planète. Les progrès extraordinaires des moyens technologiques bien maîtrisés le permettent.

C'est bien pourquoi, en ce troisième millénaire, il n’est plus possible d’accepter de voir se développer à une vitesse effrayante la misère, la précarité, l’exclusion.

Il n’est plus possible aujourd’hui d’accepter que des millions de personnes ne puissent pas se loger, se nourrir, se vêtir, se soigner décemment dans notre pays.

Il n'est plus possible d'accepter, qu'encore aujourd'hui, en France et dans le monde, la recherche de profits maximums sacrifient les êtres humains et que des milliers de salariés se retrouvent sans travail et de fait "mis au ban de la société".

Non vraiment, ce n'était pas l'idéal de celles et ceux que nous honorons aujourd'hui.

Oui, vraiment tous ces fléaux doivent être combattus, avec encore plus de détermination. Il devient urgent de redonner à notre jeunesse les perspectives d’un avenir meilleur. C’est bien pour ce combat là que sont tombés celles et ceux à qui nous rendons hommage aujourd’hui.

 

C’est pourquoi,

Aujourd’hui comme demain, il convient de prendre des mesures économiques et législatives réellement anticapitalistes pour opérer des choix décisifs alliant les intérêts de la Nation et ceux du monde du travail.

La France se doit de respecter le courage de son peuple, de ces femmes, de ces hommes qui dans les durs moments de la guerre 39/45 à tous les échelons de notre société, ont su par delà leurs idées, se retrouver et faire face ensemble à l'adversité.

Au plan national et international, les forces d'extrême droite, continuent d’avoir une influence qu'il ne faut pas négliger, et qui constitue un danger pour la démocratie et les libertés dans notre pays.

Rien ne saurait justifier, ceux, qui misant sur les méfaits de notre société, font tout pour faire resurgir les réflexes racistes et xénophobes, thèmes chers au nazisme.

Rien ne saurait non plus justifier l’attitude de ceux qui contribuent au développement de ces thèses.

Nous condamnons fermement tous les comportements qui conduisent à entretenir le terreau de la haine raciale.

 

Peut-on rester sourd et aveugle face aux cris de détresse que des populations entières adressent aux dirigeants européens et internationaux ?

Peut-on rester sourd et aveugle face à ces pays où des êtres humains meurent chaque jour de faim et de soif ?

Non, rien ne saurait justifier les pratiques qui bafouent les valeurs républicaines, humanistes et de respect des droits de l'Homme qui font l’honneur et l'image de la France dans le monde ; valeurs auxquelles étaient profondément attachées celles et ceux que nous honorons aujourd’hui.
C’est aussi ce qui renforce comme tant d'autres organisations et de personnalités, notre combat de fond avec les sans-papiers et sans droits, les sans logis, tous les exclus de notre société.

Sans papiers et sans droit dont nous rappelons que, pour beaucoup d’entre eux, leurs parents se sont sacrifiés pour la France dans les deux guerres mondiales.

La France, terre d’asile, doit le rester. Nous condamnons toutes les expulsions, les arrestations. Nous soutenons des centaines de salariés sans papiers qui se sont engagés dans une grève, avec occupation des entreprises pour obtenir leurs régularisations. Des avancées sont enregistrées mais cela reste insuffisant. Il faut régulariser l’ensemble des sans-papiers.

Il y a de par le monde des situations qui restent très préoccupantes et qui constituent de graves dangers pour les libertés, la démocratie et la paix.

Que ce soit au Proche-Orient, en Afrique, en Asie ou dans d’autres pays, nous ne pouvons accepter de voir des nations entières basculer dans l’horreur, la violence, la famine où des millions de victimes innocentes sont sacrifiées. L’actualité nous en donne malheureusement de cruels exemples. L’Irak, le Tibet, en Corée, les combats incessants entre Israël et ses voisins libanais et palestiniens, les luttes fratricides que se livrent Russes et Georgiens dans le caucase, sont des guerres injustes, supportées, pour l’essentiel par les habitants au nom d’intérêts purement économiques et capitalistes.

 

En Afghanistan, les armes ont une nouvelle fois parlées. Dès le 2 avril 2008, la CGT désapprouvait l’envoi de troupes françaises dans ce conflit au moment même où le gouvernement prônait l’austérité.

La CGT dénonçait un gâchis financier et humain insupportable pour la nation et la paix dans le monde. Aujourd’hui, 10 de nos compatriotes, de jeunes garçons y ont perdu la vie. Aussi absurde que puisse paraître ce conflit, si loin de notre pays, nous tenons à nous associer au chagrin, à la tristesse, au désarroi des familles.

Où qu’elle soit, la guerre est toujours un drame pour les populations ; car elle draine son cortège de victimes innocentes, de destructions massives de toutes sortes. Elle laisse toujours des traces indélébiles.

Trop souvent, ces conflits servent la volonté de remise en cause des acquis sociaux des travailleurs à travers le monde.

Il est indispensable pour que gagne la paix que tous les peuples gagnent enfin leur liberté.

A l’Est comme à l’Ouest, du Nord au Sud, cela ne peut se faire sans qu’un nouvel ordre économique international s’installe et permette de régler au plus vite tous les problèmes, dans l’intérêt des peuples concernés, par la voie de la raison et du dialogue.

Combien de décennies vont mettre les pays touchés par les horreurs et les violences de la guerre pour se reconstruire ?

La paix est trop précieuse pour que nous ne luttions afin de la préserver. Un seul souci nous guide l'intérêt des peuples. Le désarmement et la sécurité collective entre les nations sont autant de questions d'actualité.

Qui peut nier aujourd'hui que le développement du progrès social passe inévitablement par un désarmement massif, l'arrêt total et définitif des essais nucléaires.
Les derniers pays, non signataires du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, doivent s’y engager comme la France l’a fait en 1996.

Avec toutes les forces de paix en France et dans le monde nous crions ; consacrons à la vie ce qui est consacré à la mort.

Non l'oubli n'est pas de mise, et c'est à nous qu'il revient de ne pas permettre qu’il s'installe.

L'hommage qui nous rassemble aujourd'hui, s'inscrit pleinement dans notre volonté de paix immédiate.

 Nous irons d’une manière forte et volontaire, avec toutes les forces de progrès vers toujours plus de justice sociale et économique, de démocratie et de paix, un idéal qui animait celles et ceux qui sont tombés pour la libération de notre pays et pour lequel nous sommes réunis aujourd'hui, afin d'honorer leur mémoire.

 

Permettez-moi de citer parmi eux :

JANSELME :    Ingénieur des Services Techniques

DUCOSTAL :     Chef de Bureau

LE MANER :    Adjoint Technique

MORTUREUX :    Sous-Brigadier

THOMOUX :    Hôpitaux Psychiatriques

MAURY :     Égoutier

ROBINET :    Cantonnier Nettoiement

POURCHASSE :    Ouvrier d'État - Service des Eaux

CELTON :    Préposé Assistance Publique

LATHUILLE :    Commis.

 

A l'hommage que nous rendons à la mémoire de nos camarades, nous associons celui qu'avec toute la population parisienne nous devons au 8 élus de la capitale, Conseillers Municipaux et Généraux Communistes ainsi qu'à tous les combattants avec ou sans uniformes, fusillés pour la Libération de la France.

Au nom de tous ces hommes et de ces femmes, nous avons fait le serment de transmettre aux générations futures, les enseignements de leur lutte.

Nous leur jurons de remplir avec honneur ce solennel engagement.

 

Paris le 22 août 2008

 
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