Accueil
Vers PDF  IMPRIMER  Les Autres Documents  Accueil Mis en ligne le 27 Août 2012
 
Union Syndicale CGT
des Services Publics Parisiens
logo Union Syndicale
 


Discours de la commémoration du

68ème anniversaire de la Libération

de l’Hôtel de Ville de Paris
 

 

Monsieur le Président du Comité Central de Libération de Paris,

Monsieur le Maire de Paris,

Mesdames et Messieurs les Maires Adjoints,

Mesdames et Messieurs les Conseillers de Paris,

Mesdames et Messieurs les Maires d'Arrondissement,

Monsieur le Préfet de Paris,

Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Chers Camarades,

 

Permettez-moi, au nom du Comité du Souvenir, du Comité Central de Libération de l'Hôtel de Ville, au nom de l'Union Syndicale C.G.T. des Services Publics Parisiens, du Groupement Résistance Seine, de vous remercier d'avoir répondu à notre invitation.

En célébrant ce 68ème anniversaire de la Libération de Paris, nous voulons rendre hommage au peuple parisien qui, en août 1944, libéra Paris et aux peuples alliés qui, le 8 Mai 1945, mirent fin au nazisme.

Nous voulons rendre hommage à toutes celles et ceux, qui nombreux sur notre territoire, luttèrent en faisant le sacrifice de leur vie pour la liberté de notre pays, pour le rétablissement de la République Française et de ses institutions démocratiques.

Pendant 4 ans, la France a été occupée par les nazis, et durant ces 4 années, alors que de grands industriels trahissaient, la classe ouvrière résistait.

En 1944, la classe ouvrière était prête pour l'insurrection finale.

Le 18 août 1944 un mot d'ordre de grève, lancé par l'Union des Syndicats C.G.T. de la Région Parisienne et l'appel du Comité Parisien de Libération ont permis de déclencher l'insurrection dès le 19 août.

L'intervention de la 2ème Division Blindée avec son armement lourd, a aidé les insurgés parisiens à libérer Paris.

En se libérant lui-même le peuple parisien a pris son avenir en main.

Cette Commémoration de la Libération n'est pas l'affaire des seuls participants, des survivants de l'époque, c'est un héritage à prendre et à faire fructifier parmi les générations d'aujourd'hui et de demain.
L'insurrection a permis l'installation d'un gouvernement français, ayant entre autre pour tâche, d'appliquer le programme du Conseil National de la Résistance.

Les objectifs de la Résistance n’étaient pas seulement de chasser l’envahisseur du territoire national, d’écraser la barbarie nazie et de punir les traîtres, mais d’intégrer, à la perspective de la Libération Nationale, l’avènement d’une République nouvelle, indépendante, démocratique et sociale.

Réuni, le 15 mars 1944, le Conseil National de la Résistance adopte un programme d’action. Porteur de la marque du Front Populaire de 1936, il en portait aussi la critique quant à l’insuffisance criante de réformes de structures. Ce texte est d’abord diffusé par Libération Zone Sud sous forme d’une plaquette intitulée « Les jours heureux » signée par le CNR et sera rééditée en septembre 1944 sous le titre « Programme du Conseil National de la Résistance.»

Les mouvements, groupements, partis ou tendances politiques signataires proclament « qu’ils sont décidés à rester unis après la libération » en vue d’instaurer « un ordre social plus juste ».

L’idée fondamentale de ce programme prévoyait qu’il ne saurait y avoir de redressement, d’instauration d’une véritable démocratie politique sans la mise en place d’une démocratie économique et sociale. Parmi les mesures à appliquer dès la libération du territoire, en voici quelques extraits :

« SUR LE PLAN ECONOMIQUE :

  • INSTAURATION D’UNE VERITABLE DEMOCRATIE économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

  • ORGANISATION RATIONNELLE DE L’ECONOMIE assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général ;

  • RETOUR A LA NATION DES GRANDS MOYENS DE PRODUCTION monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurance et des grandes banques…

  • Rétablir LA LIBERTE DE LA PRESSE, SON HONNEUR ET SON INDEPENDANCE A L’EGARD DE L’ETAT, DES PUISSANCES DE L’ARGENT.

 

ET SUR LE PLAN SOCIAL :

  • DROIT AU TRAVAIL ET DROIT AU REPOS, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ; réajustement important des salaires et garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;

  • UN PLAN COMPLET DE SECURITE SOCIALE, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail ;

  • LA SECURITE DE L’EMPLOI, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement ;

  • UNE RETRAITE permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

  • LA POSSIBILITE EFFECTIVE POUR TOUS LES ENFANTS DE BENEFICIER DE L’INSTRUCTION et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents… »

 

Le Service Public, le système de Protection Sociale, le statut de la Fonction Publique, les conventions collectives, le code du travail, le droit de grève, le droit au logement, au travail, à un salaire décent, à une retraite pour tous, les libertés collectives et individuelles et d'autres fondements progressistes de notre société, sont en grande partie issues du programme du Conseil National de la Résistance.

Cette grande idée n'a pu être réalisée pleinement car les forces réformistes qui dirigeaient notre pays, dans les années qui suivirent la libération, ont cédé à la pression du grand capital international.

Aujourd’hui, dans un pays livré au pouvoir de la finance à travers les politiques ultra libérales où l’idéologie fasciste refait surface, le patronat n’a de cesse de remettre en cause tous les acquis sociaux des salariés.

Ainsi l’objectif du MEDEF est sans ambiguïté : Denis KESSLER, n°2 du MEDEF au coté d’Ernest-Antoine Seillières de 1994 à 1998, affirmait dans le magazine Challenge le 4 octobre 2007 juste après l’élection de Nicolas SARKOZY :

« Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! le modèle social français est le pur produit du Conseil National de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer et le gouvernement s’y emploie (…) Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance ! »

OUI, les politiques mises en place ces dernières années par le gouvernement SARKOZY mais aussi par les précédents répondent pleinement aux exigences du patronat : remise en cause de la retraite à 60 ans, remise en cause de tout le système de protection sociale et de santé, privatisations, destruction de la Fonction Publique, remise en cause des droits syndicaux et du droit de grève, poursuite contre les militants syndicaux, mise à l’index de communautés et des immigrés, criminalisation des plus pauvres, rigueur salariale alors que des cadeaux sont largement distribués aux plus riches…

Cette cruelle réalité nous est rappelée chaque jour par la crise financière, crise que l’Etat a cautionné en offrant à la finance des milliards d’euros sans aucune contrepartie, sinon, celle que les actionnaires, traders, boursiers en tout genre se partagent les bénéfices faits sur le dos des salariés, des retraités, des chômeurs…

Ces politiques sont dangereuses pour la classe ouvrière et pour la démocratie. Le monde du travail le sait et il s’y est opposé dans les luttes et dans les urnes.

OUI, rien ne justifie le fait que ces conquêtes sociales soient attaquées : ni hier, encore moins aujourd’hui. Bien au contraire. Les salariés doivent peser de toute leur force pour les approfondir et les étendre : c’est une question de justice sociale.

Les salariés se sont largement exprimés ces dernières années contre la remise en cause du système des retraites, pour l’augmentation des salaires et des pensions, pour le maintien des statuts publics et contre la remise en cause du code du travail...

Après la chute de SARKOZY et l’élection d’un nouveau Président de la République : François HOLLANDE, le patronat a compris qu’il devait continuer à faire pression pour finir le sale boulot. Il multiplie les plans dits « sociaux » : casse de l’industrie, licenciements boursiers, délocalisations, pression sur les salaires, chantage à l’emploi…

Le nouveau Président de la République, dont le message de campagne était « Le changement c’est maintenant », et son gouvernement, doivent rompre immédiatement avec les politiques mises en place par le précédent gouvernement et ne doit pas céder à la pression du patronat et des banques.

La CGT a pris sa part de responsabilité lors de ces élections Présidentielles en appelant officiellement à faire barrage à Sarkozy et au Front National.

Mais, la CGT ne restera pas l’arme aux pieds face au gouvernement Hollande. La CGT n’a de cesse de rappeler que plutôt que d’investir dans la finance et de mettre en place des politiques de rigueur sociale, il faut investir dans les salaires et les pensions pour relancer l’économie et la consommation.

Le gouvernement Hollande ne peut pas continuer la politique de Sarkozy, Fillon. Il a tous les moyens d’engager une politique courageuse en faveur du monde du travail. Il ne peut se cacher derrière une quelconque crise créée et entretenue par le monde de la finance. La majorité des grandes villes de France, dont la Capitale, la majorité des régions, le Sénat et l’Assemblée Nationale sont à gauche. Le gouvernement ne peut pas aujourd’hui nous dire que l’opposition le gêne. Il a une lourde responsabilité. Il doit entendre les revendications des travailleurs et leurs donner pleinement satisfaction. Il y a URGENCE !

2 % d’augmentation pour le SMIC, le maintien du gel du point d’indice pour la Fonction Publique, l’aggravation de la RGPP même si elle ne porte plus ce nom, les restrictions dans les budgets ministériels, le tout sécuritaire de Sarkozy, Hortefeux, Besson, Guéant et maintenant Valls, la mise en place sournoise d’un plan de rigueur, d’un plan d’austérité ne sont pas les réponses au monde du travail qui lutte, aux citoyens qui, dans les urnes, ont rejeté cette politique.

L’urgence est là ! Le gouvernement doit satisfaire les besoins sociaux, les aspirations, les revendications des travailleurs en portant tout de suite le SMIC à 1 700 €, en augmentant tous les salaires de 30 %, en augmentant considérablement la valeur du point d’indice dans la Fonction Publique et en améliorant les déroulements de carrière, en augmentant les pensions avec un minima à 1 700 €, en donnant tous les moyens financiers et humains à la Fonction Publique, en supprimant les jours de carences pour l’ensemble des travailleurs privé – public, en interdisant tout licenciement boursier, en supprimant toutes exonérations ou aides aux entreprises qui pratiquent la politique du chantage à l’emploi et au contraire en aidant celles qui ont une politique salariale favorable pour les travailleurs et qui créent de l’emploi. Le chômage et la misère ne sont pas des fatalités, il faut les combattre et cela passe par une politique en faveur du monde du travail. Et, à l’inverse de l’expression de KESSLER et du désir du patronat : il faut défaire méthodiquement tout ce qui a été mis en place contre le monde du travail par le gouvernement Sarkozy et les précédents.

Même si le Conseil Constitutionnel a rendu sa décision qu’il n’est pas nécessaire de réviser la constitution pour introduire en droit national le nouveau traité budgétaire européen coécrit par M. SARKOZY et Mme MERKEL, le Président de la République François HOLLANDE ne doit pas le mettre en place. Ce traité est un clou de plus enfoncé pour crucifier les peuples, c’est une camisole de force, un corset de fer qui est imposé encore une fois par les institutions européennes à la solde des marchés financiers : c’est l’austérité à perpétuité pour les peuples, ce sont les privatisations de masse avec la mise en place d’une RGPP européenne. C’est la mise en place d’un système ultralibéral et totalitaire aux conséquences terribles pour la vie quotidienne des peuples. Le candidat Hollande avait promis sa renégociation cela n’a pas été fait. Ce traité MERKOZY ne doit pas être imposé aux français.

Les français ont toujours su marquer leur originalité, et leurs rapports à l’Europe. Européens attentifs et pacifiques, les français ne sauraient accepter la remise en cause des grandes conquêtes sociales.

Fidèles à l’état d’esprit de ces hommes et de ces femmes qui ont sacrifié leur vie, nous restons attachés à une Europe fondée sur les besoins des travailleurs et des populations, ainsi que des coopérations mutuellement avantageuses entre nations souveraines.

Le peuple grec paie les désastres engendrés par les financiers. La politique désastreuse qui lui est imposée par la Commission Européenne, le FMI et la Banque mondiale constitue un recul de civilisation insupportable. Les Espagnols, les Italiens, les Portugais, les Irlandais et tous les peuples européens sont ou ne tarderont pas à se trouver dans cette situation où ce sont les travailleurs et les peuples qui devront payer les profits fabuleux des actionnaires et des financiers.

Il faut mettre en place un nouvel ordre économique mondial permettant de peser durablement contre les velléités spéculatives.

Dans ces pays, des mouvements de résistance prennent naissance, comme en Grèce ou en Espagne. Ce sont les peuples mêmes qui doivent prendre leur avenir en main.

Ces hommes et ces femmes, qui ont libéré la France, voulaient une société humaine et juste, nous la voulons aussi.

Si les différents gouvernements et le patronat ont une large responsabilité, le maire de Paris en tant qu’employeur est lui aussi responsable de sa politique salariale. Dans les prochains jours vont s’ouvrir des négociations sur les ratios promus/promouvables, le maire de Paris doit se servir de ce levier pour améliorer les reclassements indiciaires et les déroulements de carrière en mettant des ratios à 100 % pour tous comme le revendique fortement la CGT et il doit augmenter les effectifs. Il a les moyens financiers pour le faire, c’est juste une question de choix politique : ou on tue le Service Public ou on le promeut ?

Le maire de Paris après avoir immortalisé nos camarades, André Tollet, Rol Tanguy, Henri Krasucki qui n’ont eu de cesse, toute leur vie, de combattre le nazisme et de défendre les conquêtes sociales, n’engage pas une véritable reconquête des Services Publics.

Bien au contraire, la politique du maire consiste à livrer sans scrupule au privé de nombreux services municipaux. Il en va ainsi de la Propreté de Paris, de l’Eau, du domaine de l’accueil de la Petite Enfance, la gestion des musées et de bien d’autres services.

Comment se prétendre au cœur des préoccupations sociales des parisiens en redéployant les services à effectifs constants tout en augmentant le recrutement des personnels précaires ?

Il ne peut y avoir de bons Services Publics, sans fonctionnaires en nombre suffisant pour les faire fonctionner. Il ne peut y avoir de bons Services Publics sans fonctionnaires motivés par une carrière attractive et un bon salaire.

Comment se prétendre au cœur des préoccupations sociales des parisiens en acceptant que l’Etat gèle les dotations aux collectivités locales jusqu’en 2017 et en faisant payer ce gel par les parisiens en augmentant les prélèvements : augmentation de la taxe de balayage, suppression de la gratuité des transports en commun pour les personnes agées.

Aujourd'hui, comme hier, les agents titulaires et non titulaires de nos services, avec leurs organisations syndicales C.G.T., mettront tout en œuvre pour maintenir et développer le Service Public tant au niveau national, qu’à Paris.

La remise en cause des droits syndicaux et du droit de grève est effective dans notre pays. A Paris aussi, Bertrand DELANOE, maire de Paris, n’est pas exempt de respecter la loi : manque de locaux syndicaux, atteinte au droit de grève...

Aujourd’hui, comme hier, nous ne laisserons pas museler le mouvement social tandis que s’installe un climat de peur et de suspicion entretenu.

La CGT ne laissera pas criminaliser les actions syndicales et les syndicalistes.

Dans le sillon de nos anciens, nous relevons le défi de la lutte pour la satisfaction des besoins sociaux et l’éradication de la pauvreté opposés à l’égoïsme des plus riches. Ils bénéficient aujourd’hui d’avantages fiscaux qui laissent pantois, tant leur fortune amassée est immense. Le gouvernement Hollande ne doit pas succomber à la pression des entreprises du CAC 40, les moyens existent en France, en Europe, dans le monde pour que ces patrons payent ce qu’ils doivent à la Société.

Toutes les évolutions de la société, aujourd'hui, comme demain, doivent être tournées vers le bonheur de l'être humain et la préservation de notre planète. Les progrès extraordinaires des moyens technologiques bien maîtrisés le permettent.

C'est bien pourquoi, en ce troisième millénaire, il n’est plus possible d’accepter que se développent la misère, la précarité, l’exclusion à une vitesse effrayante.

Il n’est plus possible aujourd’hui d’accepter que des millions de personnes ne puissent se loger, se nourrir, se vêtir, se soigner décemment dans notre pays.

Il n'est plus possible d'accepter, qu'encore aujourd'hui, en France et dans le monde, la recherche de profits maximums sacrifie les êtres humains.

Il n’est plus possible d’accepter que des millions de salariés se retrouvent sans travail et de fait "mis au ban de la société".

Autant de salariés sacrifiés au nom de la rentabilité financière des actionnaires et que l’Etat n’aide pas comme il aide la finance, les entreprises, les banques et les assurances, alors qu’il pourrait les nationaliser. Le pays ne peut se satisfaire des simples infléchissements menés par le gouvernement actuel. C’est d’une véritable rupture avec les politiques au service des plus riches qu’il a besoin.

Il est urgent de redonner aux jeunes les perspectives d’un avenir meilleur, cet avenir se prépare par l’éducation dès la plus jeune enfance et tout au long de la vie par la formation. La jeunesse n’a pas besoin d’emploi dits « d’avenir », elle a besoin d’emploi qualifiant et bien rémunéré pour un avenir meilleur. En d’autres temps, qu’ont obtenus les emplois dits « jeunes » ? Un avenir de chômage pour la grande majorité d’entre eux. NON, ce n’est plus possible. « La jeunesse », ce ne sont pas des citoyens de seconde zone mais l’avenir de notre société.

La « réforme » des retraites imposée par le gouvernement Fillon par la force sans se préoccuper des millions de gens criant leur mécontentement dans toutes les rues françaises, n’est pas acceptable. Elle est une étape dans la volonté du patronat, qui a collaboré, de supprimer notre système de retraite. La réforme Fillon, comme les précédentes, doivent être abrogées sans délai.

Ces réformes sont injustes pour les travailleurs, il faut que le gouvernement, qui, quand il était dans l’opposition, était au coté des manifestants, entende, aujourd’hui, ces manifestants. Comme les Egoutiers de France qui ont manifesté en grève le 29 mai 2012 pour une véritable prise en compte de l’insalubrité, de la pénibilité pour toute la filière de l’assainissement, et revendiquent entre autres le retour à la retraite pleine et entière à 50 ans. C’est encore une fois une question de justice sociale. Qui peut accepter aujourd’hui, sans rien faire, que ces travailleurs meurent 17 ans plus tôt que d’autres???

D’autres financements sont possibles pour satisfaire les revendications du monde du travail, la CGT a fait des propositions. C’est une question de choix politique entre le capital et le travail.

La Sécurité Sociale est un héritage du programme du Conseil National de la Résistance, qui ne peut être vidé de son contenu.

Notre centre de Sécurité Sociale professionnel 602 doit être soutenu.

Loin d’aller dans cette direction, le maire de Paris Bertrand DELANOE, avec ses alliés, a supprimé les correspondants du Centre 602, alors que ceux-ci exerçaient auprès des agents une action permanente de proximité et d’aide dans leurs démarches de santé.

Alors que la politique libérale aggrave les conditions de travail et la santé des salariés, le maire de Paris a choisi une fois de plus la voie de la régression sociale, y compris en confiant à DEXIA la gestion des accidents du travail. Le maire de Paris doit remettre en place les correspondants du Centre de Sécurité Sociale 602 et doit urgemment redonner à ce centre la gestion des accidents du travail. Il doit aussi octroyer à tous une Allocation Prévoyance Santé prenant à 100 % la cotisation complémentaire de santé et donner les moyens au monde mutualiste en leur octroyant des libertés mutuelles. Il doit, aussi, donner les moyens nécessaires à la médecine préventive pour respecter la loi et prévenir tous les salariés d’un souci éventuel de santé.

Cette politique libérale, n’épargne pas non plus l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, il faut cesser immédiatement de casser nos hôpitaux et leur donner au contraire tous les moyens financiers et humains que les personnels revendiquent. Le maire de Paris ne peut pas continuer cette politique de casse en faisant abstraction des luttes et doit tirer les enseignements des élections politiques. L’Etat et la Mairie de Paris ne peuvent pas suivre les injonctions des agences de notations, qui ont fait que depuis 2009, entre autres, 4 000 emplois de personnels soignants ont été supprimés à l’AP – HP…

Aujourd’hui, l’urgence sociale est et reste criante. Nous le répétons fortement, il est urgent d’agir pour l’augmentation des salaires, des pensions et lutter contre le chômage.

C’est bien pour ce combat là que sont tombés celles et ceux à qui nous rendons hommage aujourd’hui.

C’est pourquoi :

  • Aujourd’hui comme demain, il convient de prendre des mesures économiques et législatives réellement anticapitalistes pour opérer des choix décisifs alliant les intérêts de la Nation à ceux du monde du travail.

  • La France se doit de respecter le courage de son peuple, de ces femmes, de ces hommes qui, dans les durs moments de l’occupation, à tous les échelons de notre société, ont su, par delà leurs idées, se retrouver et faire face ensemble à l'adversité.

  • Au plan national et international, les forces d'extrême droite, continuent d’avoir une influence qu'il ne faut pas négliger, et qui constitue un danger pour la démocratie et les libertés dans notre pays.

  • Le sentiment d’injustice grandissant dans notre société ne peut que conforter les sentiments populistes portés par certains dirigeants politiques.

  • Rien ne saurait justifier, ceux qui, misant sur les méfaits de notre société, font tout pour faire resurgir les réflexes racistes et xénophobes, thèmes chers au nazisme.

  • Rien ne saurait non plus justifier l’attitude de ceux qui contribuent au développement de ces thèses.

  • Nous condamnons fermement tous les comportements qui conduisent à entretenir le terreau de la haine raciale.

 

Peut-on rester sourd et aveugle face aux cris de détresse que des populations entières adressent aux dirigeants européens et internationaux ?

Peut-on rester sourd et aveugle face à ces pays où des êtres humains meurent chaque jour de faim et de soif ?

Non, rien ne saurait justifier les pratiques qui bafouent les valeurs républicaines, humanistes et de respect des droits de l'Homme qui font l’honneur et l'image de la France dans le monde. Valeurs auxquelles étaient profondément attachées celles et ceux que nous honorons aujourd’hui.

C’est aussi ce qui renforce, comme tant d'autres organisations et de personnalités, notre combat avec les sans-papiers et sans droits, les sans logis, tous les exclus de notre société.

Sans papiers et sans droit dont les parents de beaucoup d’entre eux se sont sacrifiés pour la France dans les deux guerres mondiales.

La France, terre d’asile, doit le rester. Nous condamnons toutes les expulsions et les arrestations de sans papiers. Nous exigeons la régularisation de tous les sans papiers.

Nous revendiquons le droit au travail pour les « Roms » et des conditions de vie humaine, ils ont droit aux mêmes droits que n’importe quel citoyen du monde et ne peuvent être mis au ban de la société. Pourquoi les hommes ne peuvent décider de s’installer où ils le souhaitent alors qu’à contrario les capitaux n’ont, eux, pas de frontières ? SARKOZY est parti, sa politique a été combattue, elle ne doit plus être poursuivie.

Dans le monde, des situations restent très préoccupantes et constituent de graves dangers pour les libertés, la démocratie et la paix.

Que ce soit au Proche-Orient, en Afrique ou dans d’autres pays, nous ne pouvons accepter de voir des nations entières basculer dans l’horreur, la violence, et des millions de victimes innocentes sacrifiées.

L’actualité nous en donne malheureusement de cruels exemples.

L’Irak toujours, l’Afghanistan encore, maintenant la Syrie, le Mali, les menaces sur l’Iran, les conflits incessants entre Israël et le peuple palestinien sont des guerres injustes, supportées pour l’essentiel par les habitants au nom d’intérêts purement économiques et capitalistes.

N’est-il pas temps enfin de reconnaître un véritable Etat Palestinien ?

Où qu’elle soit, la guerre est toujours un drame pour les populations ; car elle draine son cortège de victimes innocentes, de destructions massives de toutes sortes. Elle laisse toujours des traces indélébiles.

Les événements dans les pays du Maghreb, en Lybie, en Egypte, démontrent la soif de liberté et de justice des peuples et ces révoltes ne peuvent être confisquées par leur gouvernement, comme par exemple : en Tunisie où les promesses électorales ne sont pas tenues, où le gouvernement renforce les restrictions sur les libertés fondamentales, où des syndicalistes sont arrêtés, où le chômage atteint 19 % avec des taux dans certaines régions à 40 %, où les prix des produits alimentaires ont doublé en 1 an. Le gouvernement Tunisien doit remettre au cœur de ses préoccupations la question sociale. Ce pourquoi le peuple Tunisien s’est battu et a fait tomber l’ancien Président. La France doit aider le peuple Tunisien, la France doit donner tous les moyens nécessaires à l’ensemble des peuples pour construire eux-mêmes leur émancipation.

En Tunisie, comme dans beaucoup de pays au monde, où les femmes sont au cœur des révolutions pour défendre leur droit de vivre dignement, leur condition humaine, elles sont aujourd’hui mises au ban de la société, leur quelques droits acquis sont mêmes supprimés, elles sont bafouées, emprisonnées... La CGT dit ASSEZ, CA SUFFIT ! Le monde politique, la France doit intervenir rapidement pour que cesse cette situation. Ne faisons pas comme il y a quelques temps « l’autruche » ou pire : proposer des matraques aux gouvernements qui bafouent les droits fondamentaux pour dompter le peuple qui se rebelle. La CGT interpelle particulièrement le maire de Paris sur cette situation, lui dont la Tunisie lui est chère, lui qui a su, à une époque, se mettre au service de la révolution tunisienne!!!

La France a les moyens d’aider les peuples et le nouveau gouvernement peut consacrer des moyens plutôt que de s’enfoncer encore une fois dans de nouveaux conflits, dans une logique de guerre comme le ministre des Affaires Etrangères Laurent FABIUS le préconise.

Il est indispensable pour que gagne la paix que tous les peuples gagnent enfin leur liberté. A l’Est comme à l’Ouest, au Nord, au Sud, cela ne peut se faire sans qu’un nouvel ordre économique mondial s’installe et permette de régler au plus vite tous les problèmes, dans l’intérêt des peuples concernés, par la voie de la raison et du dialogue.

La paix est trop précieuse pour que nous ne luttions pas pour la préserver. Un seul souci nous guide : l'intérêt des peuples.

Le désarmement et la sécurité collective entre les nations sont autant de questions d'actualité.

Qui peut nier aujourd'hui que le développement du progrès social ne passe inévitablement par un désarmement massif.

Avec toutes les forces de paix, en France et dans le monde, nous crions : « consacrons à la vie ce qui est consacré à la mort ».

Non l'oubli n'est pas de mise, et c'est à nous qu'il revient de ne pas permettre qu’il s'installe.

L'hommage qui nous rassemble aujourd'hui, s'inscrit pleinement dans notre volonté de paix immédiate.

Nous combattrons avec toutes les forces de progrès, pour plus de justice sociale et économique, de démocratie et de paix, cet idéal qui animait celles et ceux qui sont tombés pour la libération de notre pays et pour lequel nous sommes réunis aujourd'hui, afin d'honorer leur mémoire.

Permettez-moi de citer parmi eux :

 

JANSELME Ingénieur des Services Techniques

DUCOSTAL Chef de Bureau

LE MANER Adjoint Technique

MORTUREUX Sous-Brigadier

THOMOUX Hôpitaux Psychiatriques

MAURY Égoutier

ROBINET Cantonnier Nettoiement

POURCHASSE Ouvrier d'État - Service des Eaux

CELTON Préposé Assistance Publique

LATHUILLE Commis.

 

A l'hommage que nous rendons à la mémoire de nos camarades, nous associons celui qu'avec toute la population parisienne nous devons aux 8 élus de la capitale, Conseillers Municipaux et Généraux Communistes ainsi qu'à tous les combattants avec ou sans uniformes, fusillés pour la Libération de la France.

Au nom de tous ces hommes et de ces femmes, nous avons fait le serment de transmettre aux générations futures, les enseignements de leur lutte.

Nous leur jurons de remplir avec honneur ce solennel engagement.

 

Paris, le 27 août 2012

 

 
REAGIR SUR CE COMMUNIQUE NOUS CONTACTER
 
-  Mentions Légales  -     Haut de Page