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Vers PDF  IMPRIMER  Les Autres Documents  Accueil Mis en ligne le 8 Mars 2012
 
Union Syndicale CGT
des Services Publics Parisiens
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Lettre ouverte à Madame Fatima LALEM

Adjoint(e) au Maire de Paris,

Chargée de l'égalité femme / homme
 

 

Objet :

8 mars : Journée internationale des Femmes

Egalité Femmes-Hommes et lutte contre la précarité à la Ville de Paris.

 

Madame la Maire,

Comme vous le savez les non titulaires qui contribuent aux services publics parisiens (Ville, département de Paris et caisses des écoles), sont majoritairement des femmes (70 %).

Temps partiels imposés, contrats courts entrecoupés de chômage, secteurs d’emplois « féminins » sous payés, difficultés de concilier vie professionnelle et gestion familiale (dans un pays où les services publics de la petite enfance n’ont jamais été une priorité).

Cette situation des femmes vis-à-vis de l’emploi est en partie celle d’une forte proportion d’agents de la ville de Paris. Les femmes occupent l’essentiel des emplois précaires et à temps partiels imposés. Près de 80 % des non titulaires sont des femmes dans des emplois de catégorie C : Agents spécialisés des écoles maternelles, Agents techniques des écoles, animatrices, personnels des caisses des écoles, agent-es de service, assistantes familiales et maternelles… Sans compter que 18 % d’entre elles sont de nationalité étrangère non communautaire et ne peuvent malheureusement pas devenir fonctionnaires.

C’est au regard de ce constat que nous vous avions déjà sollicité, il y a déjà 2 ans , afin de recueillir votre soutien dans notre démarche visant à ouvrir des négociations sur les non titulaires qui représentent près de 20 % des agents de la ville de Paris.

Depuis, nous continuons de travailler sur ce sujet. Nous avons réalisé des diagnostics sociaux, tenus des permanences, recueillis des témoignages et accompagnés des collègues en souffrance et en grande précarité pour résoudre leur situation…Nous avons aussi réalisé une vidéo sur la situation de femmes en emplois précaires .

Ce travail de terrain a permis d’affiner notre constat : la crise économique que nous traversons frappe davantage nos collègues non titulaires. Leurs situations se dégradent fortement. Ce constat est redoublé pour nos collègues femmes, notamment celles qui élèvent seules leurs enfants. C’est inadmissible. Cela ne peut plus durer.

Depuis deux ans, l’administration n’a tenu qu’une seule réunion sur les non titulaires. Elle a eu lieu le 22 novembre 2011. Cette réunion avait pour sujet la présentation de la nouvelle loi concernant la sécurisation des parcours professionnels des non titulaires. C’est insuffisant.
En effet, au-delà de la présentation d’une loi que nous connaissons bien, nous aurions aimé discuter sur la base d’un état des lieux partagé (DRH et syndicats) de toutes les formes de précarité (vacations, CDD à répétition, contrats aidés…). C’est déjà le cas dans d’autres Villes comme à Bobigny.

Cette loi, visant à « sécuriser les parcours des contractuels » est déjà votée. La collectivité parisienne a 3 mois pour poser un état des lieux sur les ayants droits à la titularisation. Profitons de ce moment pour poser un état des lieux large afin d’aller au-delà de la loi. Faisons apparaître une ventilation hommes et femmes afin que nous prenions conscience collectivement de la situation que connaissent les femmes. Posons ce diagnostic ensemble, dans le partage et la transparence. C’est le vœu que nous formulons.

Comme vous le savez aussi, Jeudi 22 mars, un certain nombre de femmes en situation de précarité se mettront en action pour demander du respect, une politique d’égalité (certaines n’ont pas eu d’évolution salariale depuis 35 ans !) et la titularisation du maximum d’entre elles. Les caisses des écoles, les ASEM et ATE seront dans la rue pour rappeler leur colère face à leurs conditions de travail extrêmement précarisées. D’autres agents titulaires et non titulaires les rejoindront pour exprimer leur solidarité et demander :

  • L’ouverture de négociation sur un état des lieux large concernant l’ensemble des non titulaires, avec un travail d’analyse approfondi sur la situation des femmes ;

  • Le maintien des agents et la requalification jusqu’à leur cdisation ou titularisation, l’arrêt du recrutement de nouveaux précaires ;

  • L’ouverture de titularisations avec 100 % d’intégrés ;

  • L’égalité salariale, en particulier femme-homme et l’amélioration des conditions d’emplois des agents qui ne seront pas titularisés, notamment en raison de leur nationalité.

 

En cette journée internationale des femmes et au vu de l’urgence pour les femmes en contrats précaires de trouver une solution rapide, nous comptons sur vous pour demander à Monsieur Delanoë d’ouvrir enfin de vraies négociations sur la mise en œuvre d’un plan local de déprécarisation.

Nous sommes toujours disposés à y travailler avec vous. Nous sommes sûrs que nos efforts de lutte contre la précarité auront un impact direct avec l’avancée des droits des femmes et de l’égalité au sein de la collectivité parisienne.

 

Pour l’Union Syndicale,
Le Secrétaire Général
des Services Publics Parisiens CGT,

Pascal MULLER.

 

 
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