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Vers PDF  IMPRIMER  Les Autres Documents  Accueil Mis en ligne le 14 Octobre 2011
 
Union Syndicale CGT
des Services Publics Parisiens
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17 OCTOBRE 1961, 50 ANS DEJA

LE SOUVENIR OUI

L’OUBLI NON
 

 

Le 17 octobre 1961, à quelques mois de la fin de la guerre d’Algérie, environ 20 000 algériennes et algériens de Paris et de la banlieue parisienne rejoignirent une manifestation organisée par le FLN (Front de Libération Nationale) à Paris.

Sans le savoir ont écrit une page de l’histoire. Ils convergèrent tous vers Paris, à la tombée de la nuit pour protester contre le couvre-feu instauré par le préfet de police, Maurice Papon, le 5 octobre 1961 uniquement pour les « français musulmans d’Algérie ».

Le même Maurice Papon fut condamné en 1998 à 10 ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l'humanité pour des actes commis alors qu'il était secrétaire général de la préfecture de Gironde entre 1942 et 1944.

Le même Maurice Papon qui fut impliqué dans la « bavure » du métro Charonne à la manifestation d 8 février 1962. Le même qui fût le ministre du budget de Raymond Barre en 1981…

Mais revenons à la Répression Sanglante qu’il incita.

Des milliers de manifestants furent pourchassés, attaqués et tués dans leur plus stricts droits à la manifestation.

La répression policière fut sanglante.

Le couvre-feu est critiqué par des forces de gauches comme la CGT qui dénoncent ces « mesures vexatoires et racistes ».

Le 17 octobre, il pleut en fin d'après-midi. Entre 20 000 et 30 000 Algériens, hommes, femmes et enfants, vêtus de l'habit du dimanche pour témoigner de leur volonté de dignité, commencent à se diriger vers les points de regroupements.

La répression policière de la manifestation est d'une violence extrême, causant des centaines de morts parmi les manifestants algériens.

Pont de Neuilly, d’abord, la police, armée de bâtons et d’armes à feu commence la répression, pour continuer dans les rues de Paris. Durant toute la nuit, des hommes sont jetés dans la Seine du pont de Neuilly, du pont d’Argenteuil et du pont d’Asnières.

Malgré la poursuite sanglante qui continue, les algériens réussissent à se rassembler Place de la République, là où était décidé le rassemblement.

C’est gagné, mais à quel prix ? du sang. Ils brandissent des drapeaux et écharpes aux couleurs vertes et blanches du FLN et scandent les slogans « Algérie algérienne ». Mais, c’était sans compter sur les CRS. Ils doivent vite décamper sous les tirs.

Puis, aux alentours du boulevard Saint Germain et Saint Michel, les manifestants se retrouvent encerclés. La police, les CRS, chargent et frappent. Pour échapper au coups des policiers, certains manifestants préfèrent se jeter du Pont Saint Michel.

Entre 17h et minuit, des cars de police et d'autobus réquisitionnés débarquent des milliers d’algériens dans les « centres d’identification » (Palais des Sports porte de Versailles, Stade de Coubertin, Préfecture de Police…).

Des centaines de manifestants blessés sont dirigés sur des hôpitaux donc beaucoup entre le 19 et le 21, ce qui témoigne de la persistance des brutalités policières bien au-delà de la nuit du 17 octobre. Certains subissent des sévices dans les « centres d’identification » ou pendant leur transfert.

Dans la nuit du 17/18, Maurice Papon publie un communiqué de presse, satisfait d’avoir maté une manifestation en plein Paris dont les manifestants algériens avaient été contraints à participer sous la menace du FLN.

Selon le communiqué, la police sur laquelle des coups de feu ont été tirés a dû répliquer, faisant deux morts et plusieurs blessés chez les manifestants. Il est également fait état de l'hospitalisation d'une douzaine d'officiers de police et du prochain renvoi en Algérie de tous les manifestants arrêtés.

Dans l'ensemble, la presse reproduit la version officielle. Dès la deuxième semaine de novembre, malgré les informations sur les corps repêchés dans la Seine et les débats sur la possible création d'une commission d'enquête parlementaire, seuls L’Humanité et Le Monde continuent à s'intéresser à la répression policière du 17 octobre.

Par la suite, la tuerie du 8 février 1962 au Métro Charonne prend le dessus sur les évènements d'octobre.

Le 17 octobre 2001, quarante ans, après les faits, une plaque commémorative est inaugurée sur le pont Saint-Michel. Aucun représentant de la droite municipale ne participe à la célébration…

 

Ce jour là resta longtemps un point aveugle de l’histoire de France.

Il faut se souvenir.

 

 
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