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Vers PDF  IMPRIMER  Les Autres Documents  Accueil Mis en ligne le 26 Août 2011
 
Union Syndicale CGT
des Services Publics Parisiens
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Discours de la commémoration

du 66ème anniversaire de la Libération

de l’Hôtel de Ville de Paris
 

 

Monsieur le Président du Comité Central de Libération de Paris,

Monsieur le Maire de Paris,

Mesdames et Messieurs les Maires Adjoints,

Mesdames et Messieurs les Conseillers de Paris,

Mesdames et Messieurs les Maires d'Arrondissement,

Monsieur le Préfet de Paris,

Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Chers Camarades,

Permettez-moi, au nom du Comité du Souvenir, du Comité Central de Libération de l'Hôtel de Ville, au nom de l'Union Syndicale C.G.T., du Groupement Résistance Seine, de vous remercier d'avoir répondu à notre invitation.

En célébrant ce 67ème anniversaire de la Libération de Paris, nous voulons rendre hommage aux peuples alliés qui, le 8 Mai 1945, mirent fin au nazisme.

Nous voulons rendre hommage à toutes celles et à tous ceux, qui nombreux sur notre territoire, luttèrent en faisant le sacrifice de leur vie pour la liberté de notre pays, pour le rétablissement de la République Française et de ses institutions démocratiques.

Pendant 4 ans, la France a été occupée par les nazis, et durant ces 4 années alors que de grands industriels trahissaient, la classe ouvrière résistait.

En 1944, la classe ouvrière était prête pour l'insurrection finale. Le 18 août un mot d'ordre de grève, lancé par l'Union des Syndicats C.G.T. de la Région Parisienne et l'appel du Comité Parisien de Libération ont permis de déclencher l'insurrection dès le 19 août.

L'intervention de la 2ème Division Blindée avec son armement lourd, a aidé les insurgés parisiens à libérer Paris.

En se libérant lui-même le peuple parisien a pris son avenir en main.

Cette Commémoration de la Libération n'est pas l'affaire des seuls participants, des survivants de l'époque, c'est un héritage à prendre et à faire fructifier parmi les générations d'aujourd'hui et de demain.

L'insurrection a permis l'installation d'un gouvernement Français, ayant entre autre pour tâche, d'appliquer le programme du Conseil National de la Résistance.
Georges Seguy, ancien Secrétaire Général de la CGT, insistait sur les objectifs de la Résistance qui n’étaient pas seulement de chasser l’envahisseur du territoire national, d’écraser la barbarie nazie et de punir les traîtres, mais d’intégrer, à la perspective de la Libération nationale, l’avènement d’une République nouvelle, indépendante, démocratique et sociale.

C’est ainsi qu’a pris corps le programme du Conseil national de la Résistance. Porteur de la marque du Front Populaire de 1936, il en portait aussi la critique quant à l’insuffisance criante de réformes de structures.

L’idée fondamentale de ce programme prévoyait qu’il ne saurait y avoir de redressement, d’instauration d’une véritable démocratie politique sans l’instauration d’une démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie.

Cette grande idée n'a pu être réalisée pleinement car les forces réformistes qui dirigeaient notre pays, dans les années qui suivirent la libération, ont cédé à la pression du grand capital international.

Aujourd’hui, dans un pays livré au pouvoir de la finance à travers les politiques ultra libérales et où l’idéologie fasciste refait surface, le patronat n’a de cesse de remettre en cause tous les acquis sociaux des salariés.
L’objectif du Medef est sans ambiguïté : il faut défaire méthodiquement tout le programme du Conseil national de la Résistance.

La politique mise en place aujourd’hui par le gouvernement répond pleinement aux exigences du patronat : remise en cause de la retraite à 60 ans, remise en cause de tout le système de protection sociale et de santé, privatisations, destruction de la fonction publique, remise en cause des droits syndicaux et du droit de grève, poursuite contre les militants syndicaux, mise à l’index de communautés et des immigrés, criminalisation des plus pauvres, rigueur salariale alors que des cadeaux sont largement distribués aux plus riches…

Oui, ces temps sont dangereux pour la classe ouvrière et pour la démocratie. Ils nécessitent une riposte d’ampleur du monde du travail.

Cette cruelle réalité nous est rappelée chaque jour par la crise financière, crise que l’Etat cautionne en offrant à la finance des milliards d’euros sans aucune contrepartie, sinon, celle que les actionnaires, traders, boursiers en tout genre vont se partager les bénéfices faits sur le dos des salariés, des retraités, des chômeurs…

Le Service Public, le système de Protection Sociale, le statut de la Fonction Publique, les conventions collectives, le code du travail, le droit de grève, le droit au logement, au travail, à un salaire décent, à une retraite pour tous, les libertés collectives et individuelles et d'autres fondements progressistes de notre société, sont en grande partie issues du programme du Conseil National de la Résistance.

Rien ne justifie le fait que ces conquêtes sociales soient attaquées. Bien au contraire. Les salariés doivent peser de toute leur force pour les approfondir et les étendre : c’est une question de justice sociale.

Les salariés se sont largement exprimés ces dernières années contre la remise en cause du système des retraites, pour l’augmentation des salaires, pour le maintien des statuts publics et contre la remise en cause du code du travail.

La CGT n’a de cesse de rappeler que plutôt que d’investir dans la finance, il faut investir dans les salaires et les pensions pour relancer l’économie et la consommation.

Si le gouvernement et le patronat ont une large responsabilité, le Maire de Paris en tant qu’employeur est lui aussi responsable de sa politique salariale et il peut encore faire le choix d’une amélioration des reclassements indiciaires et des déroulements de carrière ainsi que de l’augmentation des effectifs. La CGT refuse catégoriquement toute baisse de salaire.

Les français ont toujours su marquer leur originalité, et leurs rapports à l’Europe. Européens attentifs et pacifiques, les français ne sauraient accepter la remise en cause des grandes conquêtes sociales.

Fidèles à l’état d’esprit de ces hommes et de ces femmes qui ont sacrifié leur vie, nous restons attachés à une Europe fondée sur les besoins des travailleurs et des populations, ainsi que des coopérations mutuellement avantageuses entre nations souveraines.

Aujourd’hui, le peuple grec paie les désastres engendrés par les financiers. Les Espagnols, les Italiens, les Portugais, les Irlandais et tous les peuples européens sont ou ne tarderont pas à se trouver dans cette situation où ce sont les travailleurs qui devront payer les profits fabuleux des actionnaires et des financiers.

Il faut mettre en place un nouvel ordre économique mondial permettant de peser durablement contre les velléités spéculatives.

Dans ces pays, des mouvements de résistance prennent naissance, comme en Grèce ou en Espagne. Ce sont les peuples mêmes qui doivent prendre leur avenir en main.

Ces hommes et ces femmes voulaient une société humaine et juste, nous la voulons aussi.

Aujourd'hui, comme hier, les agents titulaires et non titulaires de nos services, avec leurs organisations syndicales C.G.T., mettront tout en œuvre pour maintenir et développer le Service Public tant au niveau national, qu’à Paris.

Le Maire de Paris après avoir immortalisé nos camarades, André Tollet, Rol Tanguy, Henri Krasucki qui n’ont eu de cesse, toute leur vie, de combattre le nazisme et de défendre les conquêtes sociales, n’engage pas une véritable reconquête des services publics.

Bien au contraire, la politique du maire consiste à livrer sans scrupule au privé de nombreux services municipaux. Il en va ainsi de la propreté de Paris, de l’eau, du domaine de l’accueil de la petite enfance et de bien d’autres services.

Comment se prétendre au cœur des préoccupations sociales des parisiens en redéployant les services à taux constant ainsi qu’en augmentant le recrutement des personnels précaires ?

Il ne peut y avoir de bons services publics, sans fonctionnaires en nombre suffisant pour les faire fonctionner. Il ne peut y avoir de services publics sans fonctionnaires motivés par une carrière attractive et un bon salaire.

Les tentations de remise en cause des droits syndicaux et du droit de grève sont grandes dans notre pays.

Aujourd’hui, comme hier, nous ne laisserons pas museler le mouvement social tandis que s’installe un climat de peur et de suspicion entretenu.

Aujourd’hui, comme hier, les temps se suivent et se ressemblent étrangement. Le gouvernement, les médias qualifient de saboteurs, de terroristes, de prises d’otage les actions syndicales, n’hésitant pas à emprisonner des syndicalistes.

Mais qui sont les terroristes ? C’est bien le patronat et le gouvernement qui dilapident les acquis de la Résistance.

Dans le sillon de nos anciens, nous relevons le défi de la lutte pour la satisfaction des besoins sociaux et l’éradication de la pauvreté opposés à l’égoïsme des plus riches. Ils bénéficient aujourd’hui d’avantages fiscaux qui laissent pantois, tant leur fortune amassée est immense.

Toutes les évolutions de la société, aujourd'hui, comme demain, doivent être tournées vers le bonheur de l'être humain et la préservation de notre planète. Les progrès extraordinaires des moyens technologiques bien maîtrisés le permettent.

C'est bien pourquoi, en ce troisième millénaire, il n’est plus possible d’accepter que se développent la misère, la précarité, l’exclusion à une vitesse effrayante.

Il n’est plus possible aujourd’hui d’accepter que des millions de personnes ne puissent se loger, se nourrir, se vêtir, se soigner décemment dans notre pays.

Il n'est plus possible d'accepter, qu'encore aujourd'hui, en France et dans le monde, la recherche de profits maximums sacrifie les êtres humains.

Il n’est plus possible d’accepter que des millions de salariés se retrouvent sans travail et de fait "mis au ban de la société".

Autant de salariés sacrifiés au nom de la rentabilité financière des actionnaires et que l’Etat n’a pas aidés comme il a aidé la finance, les banques et les assurances, alors qu’il aurait pu les nationaliser. Au contraire, il continue d’aggraver la situation en poursuivant les privatisations.

La « réforme » des retraites qu’a imposé le gouvernement par la force et à l’aveugle sans se préoccuper des millions de gens criant leur mécontentement dans toutes les rues françaises, n’est pas acceptable. Elle est une étape dans la volonté du patronat, qui a collaboré, de supprimer notre système de retraite.

D’autres financements sont possibles comme le revendique la CGT. C’est une question de choix politique entre le capital et le travail.

La Sécurité Sociale est un héritage du programme du Conseil national de la Résistance, qui ne peut être vidé de son contenu. Notre centre de Sécurité Sociale professionnel 602, ses correspondants en sont des acteurs essentiels et doivent être préservés et étendus dans chaque Direction de la Ville de Paris.

Loin d’aller dans cette direction, le maire de Paris vient de prendre la décision de supprimer les correspondants du Centre 602, alors que ceux-ci exerçaient auprès des agents une action permanente de proximité et d’aide dans leurs démarches de santé.

Alors que la politique libérale aggrave les conditions de travail et la santé des salariés, le maire de Paris choisit encore une fois la voie de la régression sociale. La CGT ne restera pas l’arme au pied et mettra tout en œuvre pour faire échouer la politique réactionnaire du maire de Paris.

Aujourd’hui, le gouvernement cherche des boucs émissaires pour masquer sa politique mortifère envers les acquis sociaux. Jeunes des banlieues, immigrés, sans-papiers, gens du voyage sont livrés à la vindicte populaire. Le gouvernement n’hésite pas à recourir à une politique raciste pour diviser les travailleurs. Il est de notre honneur de s’opposer de toutes nos forces à cette bestialité aux relents fascistes.

Oui, vraiment tous ces fléaux doivent être combattus.
Il devient urgent de redonner aux jeunes les perspectives d’un avenir meilleur. C’est bien pour ce combat là que sont tombés celles et ceux à qui nous rendons hommage aujourd’hui.

C’est pourquoi,

  • Aujourd’hui comme demain, il convient de prendre des mesures économiques et législatives réellement anticapitalistes pour opérer des choix décisifs alliant les intérêts de la Nation à ceux du monde du travail.

  • La France se doit de respecter le courage de son peuple, de ces femmes, de ces hommes qui dans les durs moments de l’occupation, à tous les échelons de notre société, ont su, par delà leurs idées, se retrouver et faire face ensemble à l'adversité.

  • Au plan national et international, les forces d'extrême droite, continuent d’avoir une influence qu'il ne faut pas négliger, et qui constitue un danger pour la démocratie et les libertés dans notre pays.

  • Le sentiment d’injustice grandissant dans notre société ne peut que conforter les sentiments populistes portés par certains dirigeants politiques.

  • Rien ne saurait justifier, ceux, qui misant sur les méfaits de notre société, font tout pour faire resurgir les réflexes racistes et xénophobes, thèmes chers au nazisme.

  • Rien ne saurait non plus justifier l’attitude de ceux qui contribuent au développement de ces thèses.

  • Nous condamnons fermement tous les comportements qui conduisent à entretenir le terreau de la haine raciale.

 

Peut-on rester sourd et aveugle face aux cris de détresse que des populations entières adressent aux dirigeants européens et internationaux ?

Peut-on rester sourd et aveugle face à ces pays où des êtres humains meurent chaque jour de faim et de soif ?

Non, rien ne saurait justifier les pratiques qui bafouent les valeurs républicaines, humanistes et de respect des droits de l'Homme qui font l’honneur et l'image de la France dans le monde. Valeurs auxquelles étaient profondément attachées celles et ceux que nous honorons aujourd’hui.

C’est aussi ce qui renforce, comme tant d'autres organisations et de personnalités, notre combat avec les sans-papiers et sans droits, les sans logis, tous les exclus de notre société.

Sans papiers et sans droit dont les parents de beaucoup d’entre eux se sont sacrifiés pour la France dans les deux guerres mondiales.

La France, terre d’asile, doit le rester. Nous condamnons toutes les expulsions et les arrestations de sans papiers. Nous exigeons la régularisation de tous les sans papiers.

Dans le monde, des situations restent très préoccupantes et constituent de graves dangers pour les libertés, la démocratie et la paix.

Que ce soit au Proche-Orient, en Afrique ou dans d’autres pays, nous ne pouvons accepter de voir des nations entières basculer dans l’horreur, la violence, et des millions de victimes innocentes sacrifiées.

L’actualité nous en donne malheureusement de cruels exemples.
L’Irak toujours, l’Afghanistan encore, les conflits incessants entre Israël et le peuple palestinien sont des guerres injustes, supportées, pour l’essentiel par les habitants au nom d’intérêts purement économiques et capitalistes.

N’est-il pas temps enfin de reconnaître un véritable Etat Palestinien ?

Les événements dans les pays du Maghreb, en Lybie, en Egypte, au Yémen démontrent la soif de liberté et de justice des peuples.

Où qu’elle soit, la guerre est toujours un drame pour les populations ; car elle draine son cortège de victimes innocentes, de destructions massives de toutes sortes. Elle laisse toujours des traces indélébiles.

L’intervention française dans ces pays doit pourtant rapidement cesser. Il faut donner tous les moyens nécessaires à ces peuples pour construire eux-mêmes leur émancipation.
Il est indispensable pour que gagne la paix que tous les peuples gagnent enfin leur liberté. A l’Est comme à l’Ouest, au Nord, au Sud, cela ne peut se faire sans qu’un nouvel ordre économique international s’installe et permette de régler au plus vite tous les problèmes, dans l’intérêt des peuples concernés, par la voie de la raison et du dialogue.

La paix est trop précieuse pour que nous ne luttions pour la préserver. Un seul souci nous guide : l'intérêt des peuples.

Le désarmement et la sécurité collective entre les nations sont autant de questions d'actualité.

Qui peut nier aujourd'hui que le développement du progrès social ne passe inévitablement par un désarmement massif.

Avec toutes les forces de paix, en France et dans le monde, nous crions : « consacrons à la vie ce qui est consacré à la mort ».

Non l'oubli n'est pas de mise, et c'est à nous qu'il revient de ne pas permettre qu’il s'installe.

L'hommage qui nous rassemble aujourd'hui, s'inscrit pleinement dans notre volonté de paix immédiate.

Nous combattrons avec toutes les forces de progrès, pour plus de justice sociale et économique, de démocratie et de paix. Cet idéal qui animait celles et ceux qui sont tombés pour la libération de notre pays et pour lequel nous sommes réunis aujourd'hui, afin d'honorer leur mémoire.

Permettez-moi de citer parmi eux :

JANSELME Ingénieur des Services Techniques

DUCOSTAL Chef de Bureau

LE MANER Adjoint Technique

MORTUREUX Sous-Brigadier

THOMOUX Hôpitaux Psychiatriques

MAURY Égoutier

ROBINET Cantonnier Nettoiement

POURCHASSE Ouvrier d'État - Service des Eaux

CELTON Préposé Assistance Publique

LATHUILLE Commis.

 

A l'hommage que nous rendons à la mémoire de nos camarades, nous associons celui qu'avec toute la population parisienne nous devons au 8 élus de la capitale, Conseillers Municipaux et Généraux Communistes ainsi qu'à tous les combattants avec ou sans uniformes, fusillés pour la Libération de la France.

Au nom de tous ces hommes et de ces femmes, nous avons fait le serment de transmettre aux générations futures, les enseignements de leur lutte.

Nous leur jurons de remplir avec honneur ce solennel engagement.

 

 
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