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Vers PDF  IMPRIMER  Les Autres Documents  Accueil Mis en ligne le 2 Juillet 2010
 
Union Syndicale CGT
des Services Publics Parisiens
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DECLARATION CGT AU CTP CENTRAL

DU 1er JUILLET 2010

SUR LE BILAN SOCIAL
 

 

Le bilan social 2009, nous donne aujourd’hui raison sur un certain nombre de points, quant aux choix politiques du Maire de Paris.

 

Sur les effectifs :

Le Maire de Paris s’est limité au strict minimum pendant sa 1ère mandature sans prendre en compte dans la majorité des Directions les missions supplémentaires. Et, depuis le début de son 2ème règne, il a décidé qu’il n’y aurait aucun poste supplémentaire.

Selon les bilans sociaux de 2006 à 2009 :

  • Pour la Ville : 1 151 titulaires de plus, sur 41186 agents présents.

  • Pour le Département: 743 titulaires de plus sur 3682 agents présents.

 

Mais là aussi c’est un comble, car les actes ne sont pas en adéquation avec les beaux discours sur la résorption de l’emploi précaire :

  • + 1660 non titulaires à la Ville.

  • + 36 non titulaires au Département.

 

Soit une explosion en proportion pour l’emploi précaire par rapport à l’emploi titulaire.

En 2009, les effectifs budgétaires étaient de 49130, les effectifs réels étaient de 48 269 !

Où sont passés les 861 postes budgétés et non pourvus ?

Ces postes sont-ils appelés à disparaître au nom de la RGPP ?

 

De plus, nous trouvons une différence de + 13 436 fiches de paie par rapport aux effectifs. Pourquoi une telle différence ?

 

L’emploi précaire

L’emploi précaire, selon les chiffres que vous donnez dans ce bilan social :

  • La Ville Compte 20% de non titulaires, dont seulement 25% sont en CDI, tous les autres sont en situation de précarité totale.

  • Alors que la Ville s’inscrit dans un processus d’égalité hommes/femmes, 70% des précaires sont des femmes.

  • Les femmes, titulaires ou non titulaires sont payées 27% de moins que les hommes.

 

Le recrutement des Emplois Aidés ou des Contrats Avenir ne doit pas se substituer à des emplois titulaires permanents, mais doit bien répondre aux besoins d’une société où l’emploi ne serait pas géré comme variable d’ajustement, mais bien sur des aspects plus humains qu’ils ne le sont aujourd’hui.

Nous demandons à ce que les perspectives de recrutement de ces agents soient plus lisibles.

Nous demandons, entre autre, qu’un recensement précis par Direction nous permette d’accéder à la définition de ces emplois méconnus.

Il est par ailleurs inadmissible qu’au terme de ces embauches, aucune perspective ne leur soit clairement proposée.

Pour donner un petit exemple avec quel mépris, sont considérés ces salariés :

Hier, 1 agent en contrat depuis 2004, nous appelle et nous indique qu’il a signé la veille un renouvellement de son contrat pour 1 an, le lendemain sa Direction le rappelle pour lui indiquer une erreur. Son contrat de 12 mois se transforme en un contrat de 4 mois !!! Belle perspective, pour ce salarié, comment fait il pour gérer son avenir, pour fonder une famille, se trouver un logement…

Et des situations, comme celles-ci, nous pouvons vous en donner des centaines. C’est le Maire de Paris qui cautionne ces agissements.

La CGT revendique un vaste plan de titularisation, de « déprécarisation ». La CGT refuse que le Maire de Paris se serve de la crise économique pour recruter des agents précaires sur des emplois titulaires.

 

S’agissant des recrutements en échelle 3

S’agissant des recrutements en échelle 3, la CGT avait demandé cette possibilité pour « déprécariser » les agents sans aucune formation.

Or, on s’aperçoit que des adjoints techniques sont recrutés en échelle 3. Auparavant ce recrutement s’opérait en échelle 4 ou en échelle 5 en fonction des spécialités et des niveaux de compétence.

Cette modalité de recrutement est un détournement malhonnête par rapport aux négociations sur la réforme de la catégorie C.

Donc, la CGT demande l’ouverture de concours internes plus larges et d’un débat contradictoire sur l’utilisation de l’échelle 3 qui devrait être un sas d’entrée dans la Fonction Publique pour les salariés les plus en difficulté.

Après la précarité dans les Services, la précarité hors des Services, en effet entre 2006 et 2009, les licenciements passent de 1623 à 2228 !

Précarité hors des Services car ces salariés licenciés doivent attendre 3 mois pour toucher leurs allocations chômage. C’est un scandale.

Mais plutôt que de renforcer les équipes qui s’occupent des prestations, on les culpabilise en disant qu’elles ne savent pas s’organiser. Cela aussi, c’est une belle manière de traiter les personnels.

 

Et pendant ce temps là, les chômeurs meurent de faim.

 

Un salariat vieillissant

Un salariat vieillissant, la situation économique et les réformes des retraites successives font que les agents continuent à travailler plus longtemps. Donc, la moyenne d’âge des agents augmente, et les jeunes restent au chômage ou en emploi précaire.

La Ville doit en tirer rapidement les conséquences en terme de formation. C’est le défi que celle-ci doit relever dans les prochaines années. Permettre aux agents de se former pour participer aux nouveaux projets de la Ville pour qu’ils ne deviennent pas des faibles valeurs ajoutées, selon l’expression consacrée de l’Inspection Générale des Services dans son audit sur la DSTI.

 

S’agissant du droit à l’information sur la retraite des agents

S’agissant du droit à l’information sur la retraite des agents, la Ville doit renforcer les effectifs et la formation des personnels qui travaillent au Bureau des pensions. Ces agents ont du mal à s’y retrouver au travers des différentes réformes des retraites qui se succèdent.

 

Sur les frais de transport

Sur les frais de transport, le nombre d’agents habitant en grande couronne, voire en province, continue de s’accroître.

La CGT demande à la Ville de se décider à rembourser les frais de transport à ces agents qui sont déjà pénalisés par l’éloignement de leur lieu de travail. D’ailleurs, la CGT a adressé 2 courriers allant dans ce sens à M. Delanoë le 28 juillet 2009 et le 23 juin 2010.

 

Sur les rémunérations

Sur les rémunérations, nous pouvons que constater que l’évolution des salaires entre 2007 et 2009 se borne essentiellement à l’application des mesures de l’Etat et qu’aucun coup de pouce de la Mairie de Paris sur les reclassements indiciaires et l’amélioration des déroulements de carrière.

Si le Maire de Paris n’a pas l’autorité d’augmenter le point d’indice, il a par contre toute latitude pour améliorer les déroulements de carrière en mettant en place un ratio promu promouvable à 100 %, mais il fait le choix de se limiter au strict minimum : 20% de promotions en moyenne par an sur tous les corps de la Ville : manque 80%.

Comment peut on écrire que la mise en œuvre de l’IAT a été un plus pour les personnels, alors que cette indemnité ne suit pas l’évolution du point d’indice contrairement à l’ancien système des heures supplémentaires. Et pourtant, là aussi, le Maire de Paris a le pouvoir d’augmenter l’IAT, mais il ne le fait pas !

 

Si nous regardons l’évolution des primes dans leur globalité

Si nous regardons l’évolution des primes dans leur globalité, nous pouvons nous apercevoir que l’évolution est diverse selon les grades, voici 2 exemples :

  • 227,48 €/mois en moyenne de primes pour un Adjoint Administratif des bibliothèques pour un salaire moyen de 1631.60 €/mois.

  • 3 209,79 €/mois en moyenne de primes pour un Administrateur pour un salaire moyen de 4 150.59 €/mois !!!

Là aussi, le Maire de Paris fait clairement ses choix !!!

Sans opposer les salariés entre eux, il faut qu’en pourcentage tous les agents soient traités à égalité et par le haut.

La CGT vous demande de considérer le personnel, non comme un coût, mais comme un investissement. La CGT vous propose de renommer la DRH (Direction des Ressources Humaines) en DP : Direction du Personnel. Les mots ont un sens. Une ressource est interchangeable. Pas un être humain.

La Ville s’honorerait de changer son vocabulaire. A la place du « manager », qui gère avec une vision purement comptable, nous suggérons le mot « responsable du personnel » qui est une personne qui dirige les affaires de la Cité, non seulement dans l’intérêt du Service Public dont il assume la charge, mais avec un souci de respect et de reconnaissance du personnel dont il s’occupe.

En effet, c’est le personnel parisien qui met en œuvre les grands projets dont la Ville s’enorgueillit.

Ce sont ces grands projets conduits par les agents de la Ville qui permettent à Paris et aux élus de rayonner et de recevoir en grande pompe les Chefs d’état.

 

Concernant les conditions de travail, la santé au travail

Concernant les conditions de travail, la santé au travail, le nombre d’accidents de trajets s’accroît de 8,5%, le nombre de maladies professionnelles s’accroît, 80% des maladies professionnelles sont des TMS.

Le nombre de jours d’arrêt est en nette augmentation, ce qui atteste de la gravité de la situation.

Ce sont les Eboueurs et les Adjoints Techniques qui sont le plus concernés. Nous en déduisons un sous-effectif des ces agents et une surcharge de travail qui génèrent davantage d’accidents du travail.

Dans le Document Unique, les mesures de préventions des risques professionnelles sont-elles correctement déclinées et avec quels moyens ?

Comment peut-on écrire que la Ville de Paris a engagé des moyens de prévention accrus, quand dans le même temps il y a une diminution de 18 % par rapport à 2008 des visites médicales ?

Sur ce sujet le Maire de Paris qui dit souvent « la loi, c’est la loi » par exemple pour voler un jour par agent et par an (la pentecôte). Par contre côté obligation de la médecine préventive il existe une loi qui dit : « une visite médicale du travail pour chaque agent tous les 2 ans et tous les ans pour les métiers insalubres et pénibles », la Ville de Paris ne respecte pas la loi.

L’insuffisance de la médecine préventive est criante. La Ville se défausse en arguant de la non présentation des agents aux rendez-vous fixés. On se croirait revenu aux négociations sur la formation quand la Ville disait que les agents ne suivaient pas les cours auxquels ils étaient inscrits.

La CGT est contre l’externalisation de la médecine du travail.

 

S’agissant du logiciel PREVENTIEL que la DRH se félicite d’avoir acheté. Ce logiciel ne marche pas du tout. Les fonctions importantes sont absentes. Ce logiciel est trop lourd, pas assez convivial. Les médecins passent leur temps à se battre avec leur clavier au lieu d’examiner leurs patients.

La Ville embauche de nombreux Non Titulaire hors échelle. Pourquoi faire ? On ne sait pas !

La CGT propose d’embaucher des médecins Non Titulaires hors échelle pour soutenir les personnels en difficulté et prévenir les accidents du travail. Cela économisera des sommes substantielles à la Sécurité Sociale.

La DICOM connaît une augmentation de son taux d’absentéisme, ce qui traduit bien que les agents qui travaillent en OPEN SPACE souffrent davantage au travail.

Malgré cela, la Ville de Paris persiste et signe : « on travaille en mode projet, l’espace de travail doit s’adapter ». Les agents pourraient travailler sur un même lieu, et avoir des bureaux individuels. Non, chacun doit être impérativement sous l’œil de son voisin, y compris dans les espaces dits de convivialité. Un agent n’a jamais droit à un moment d’intimité. Si par hasard ses collègues sont tous absents, les portes de son bureau sont vitrées.

La CGT demande à connaître le nombre d’arrêts de travail dans les CSP comptables avenue de France et le nombre d’agents désireux de partir de ces CSP.

 

Sur le dialogue social

Sur le dialogue social, depuis la 2ème mandature, la CGT constate que les CTP/CHS sont des chambres d’enregistrement.

L’agenda social n’a pas été respecté puisque la Ville n’a pas ouvert les négociations sur les Non Titulaires, comme elle s’y était engagée.

 

Parité

Parité, si la CGT se réjouit de l’augmentation du nombre de femmes dans le corps des Ingénieurs des Services Techniques ou d’autres, elle déplore l’augmentation du nombre de celles-ci sur des emplois précaires de catégorie C et mal payés.

La CGT demande à la Ville de faire une étude pour vérifier que les femmes qui partent en congé de maternité ou qui prennent un congé parental, ne sont pas lésées dans leur carrière professionnelle.

 

ASPP

ASPP, On demande l’égalité de traitement pour les agents qui sont dans l’incapacité de se restaurer le midi dans les restaurants administratifs, des repas équilibrés à des tarifs sociaux, servis jusqu’à l’heure de la fermeture, un droit d’admission à zéro pour les agents de catégorie C, un véritable paritarisme à l’ASPP.

 

En conclusion

En conclusion, le Maire de Paris en faisant le choix :

De sous payer ses salariés,

De ne pas embaucher,

De faire remonter la précarité,

De ne pas se doter d’une médecine préventive de haut niveau..

 

Il fait donc le choix bien qu’étant le plus gros employeur des Collectivités Territoriales de France, de casser le Service Public ainsi que notre caisse de retraite la CNRACL.

Pourtant les moyens existent, quelques exemples: 30 millions pour les caméras, 8,5 millions pour chronogestor, 215 millions d’excédents dans les caisses de la Ville….

Il est bien de parader dans les rues de Paris afin de soutenir les manifestants, mais il serait mieux de faire le choix de mieux payer ses salariés, d’embaucher massivement des personnels en bonne santé avec de bonnes conditions de travail pour un Service Public de Qualité.

Ce qui permettrait aussi de ne pas remettre en cause notre système de retraite par répartition, de conserver la retraite à 60 ans ou à 50 et 55 ans pour la Catégorie Active, avec un retour au 37,5 annuités, pour un taux plein de 75 % du dernier salaire avec un minimum de 1 600 € mensuel.

Le Maire de Paris, grâce à une politique ambitieuse de se doter d’un Grand Service public, peut inverser la vapeur et aider les salariés à contrer les projets désastreux du gouvernement et à demander avec nous le retrait du projet de la réforme des retraites du gouvernement Sarkozy – Fillon.

 

 
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