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Vers PDF  IMPRIMER  Les Autres Documents  Accueil Mis en ligne le 22 septembre 2011
 
UGICT-CGT Syndicat des Cadres
et Techniciens Parisiens
des Services Publics Territoriaux
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SUICIDES AU TRAVAIL :

L ’INACCEPTABLE
 

 

La France est le 3ème pays au monde qui a la plus forte mortalité par suicide. Ce sont plus de 12 000 personnes qui se donnent la mort par an. C’est deux fois plus que le nombre de morts sur la route. Le Conseil Economique et Social chiffre à un suicide par jour, directement lié au stress professionnel. Mais les politiques nationales sont muettes sur le sujet, sous‐estiment délibérément les chiffres, n’en font surtout pas une priorité. Le sujet est tabou tant il met en cause le travail.

  • 50% des personnes concernées par le suicide ont moins de 50 ans, 70% moins de 65 ans...

  • Les témoignages pointent le lien entre le suicide et les difficultés du métier, la dégradation des conditions de travail, la solitude, le manque de reconnaissance…

Une récente étude française souligne qu’il y a une nette progression du risque de suicides en fonction des conditions d'emploi des personnes interrogées. Il est moins élevé concernant les personnes qui ont un emploi stable, il augmente pour les personnes ayant un emploi temporaire. Rappelons que la Ville de Paris emploie plus de 20% de non titulaires.

Les suicides ne sont pas nouveaux mais ils se sont massifiés. En France, leur nombre a augmenté et ils touchent aujourd’hui toutes les professions. Auparavant, c’était les collectifs de travail qui faisaient reculer la peur et la soumission. Ils maintenaient à distance la volonté d’en finir.

Aujourd’hui, au travail, c’est la solitude. Personne ne fait plus attention à personne. Le chacun pour soi est devenu, majoritairement, la norme.

Les conditions de travail et d’emploi jouent donc un rôle majeur, ce qui est attesté depuis la fin des années 90.

Même si l’histoire personnelle de chacun/e joue un rôle à un moment donné, la place du travail est, et reste centrale. Systématiquement, c’est lui qu’il faut interroger, pour comprendre.

 


 

COMPRENDRE LE TRAVAIL DANS LA FONCTION PUBLIQUE

Tout travail exercé dans la Fonction publique pose, de façon récurrente, la question politique du rôle de l’État.

Constat : les personnels du champ public souffrent de plus en plus et il faut corréler ce fait avec les réformes Etat, LOLF, RGPP, mobilité …

 

Comment ?

Les agents de la Fonction Publique vivent de vrais plans de restructuration identiques à ce qu’a connu et connaît encore le secteur privé, même si, le politiquement correct du secteur public ignore ces termes pour masquer les réalités.

A la Ville de Paris, chaque Direction est priée de rendre des postes chaque année au prétexte des innovations technologiques.

Ex : dans les piscines, on remplace 90 agents techniques par des portillons automatiques. Le Maire de Paris se vante d’ouvrir des nouveaux équipements (crèches, piscines, gymnases) à effectifs constants.

Les agents publics subissent des milliers de licenciements qui constituent les plus grands plans sociaux jamais orchestrés dans ce pays. A la Ville de Paris, on en arrive à refuser les retours après une mise en disponibilité. On préfère laisser les postes vacants. Le bilan social prouve que dans toutes les Directions, les effectifs réels sont inférieurs aux effectifs budgétaires. Mais le travail se fait quand même, au détriment de la santé des agents.

 

Pourquoi ?

  • Comme la Fonction Publique déroge en permanence au droit, elle permet au privé de déroger.

    Exemple :
    Emploi de contractuels sur des postes permanents, utilisation des contrats aidés pour palier le manque de titulaires. A la DJS, il n’y a pas eu de concours de recrutement pour le corps de conseiller des APS (activités physiques et sportives) depuis 2005. Pour faire face à la pénurie, la DJS projetterait de recruter des non titulaires au lieu d’ouvrir un concours.

  • Les métiers évoluent, ce qui percute nos fortes valeurs et identités professionnelles.

  • Notre travail est de plus en plus assis sur la demande individuelle du public (le client) et non plus sur la demande sociale, ses besoins (l’usager).

  • Notre travail n’est plus évalué sur sa mise en œuvre mais uniquement sur le résultat exigé. Et les agents sont toujours les derniers à connaître les nouvelles dispositions.

  • L’organisation de ce travail est désormais calée sur le mode entrepreneurial.

  • Il n’y a aucune valorisation du travail. A la Ville de Paris les déroulements de carrières sont lamentables et les primes distribuées dans la plus parfaite opacité.

  • La désarticulation entre le travail des agents et les politiques publiques est flagrante.

  • Nous sommes tous devenus des pompiers, travaillant dans l’urgence, il n’y a plus de repères stables, d’où isolement total, démotivation et décrédibilisation de notre fonction sociale.

  • Les budgets sont appréciés sans rapport avec les besoins sociaux, la conception du travail efficace et de qualité des agents des services publics. Ex : La pénurie des moyens du Bureau d’aide sociale à l’enfance entraîne une dégradation importante du service public rendu aux enfants parisiens les plus en difficultés et met les personnels en souffrance car ils ne peuvent remplir leurs missions.

  • Le travail fonction publique relève donc d’enjeux politiques et sociaux très particuliers. Pour ses agents, c’est l’absence de démocratie sur les lieux de travail, la non lisibilité et la déshumanisation de leur activité.

 


 

NE PAS LAISSER FAIRE ! AGIR

Pour en finir avec les suicides, il faut changer le travail. Cet impératif repose sur la connaissance du droit. C’est lui qui permet de le faire appliquer, donc de redonner des marges de manœuvre, de réintroduire de la démocratie sur le lieu de travail.

 

Comment ?

  • Avec le CHS/CT, outil des personnels pour intervenir sur les conditions de travail, pour comprendre ce qui se passe au travail. D’où l’enjeu de leur bon fonctionnement, avec des représentants du personnel formés et disposant des moyens pour accomplir leur mandat.

    La Ville de Paris n’a pas encore transformé les CHS en CHS/CT. Pourquoi ?

  • Avec le droit individuel de retrait et le droit collectif d’alerte. Tout salarié peut se retirer de son poste de travail si celui‐ci présente un danger grave et imminent pour sa santé. Il informe l’administration.

    Si le signalement est effectué par un membre du CHS, celui‐ci doit être obligatoirement associé à l'enquête qui doit être déclenchée par l’administration, aboutir à ce que toutes les mesures soient prises pour remédier à la situation.

  • Avec le syndicat, qui défend les intérêts matériels et moraux des agents.

 

REAGIR

Responsabilité de l’employeur : pour tout suicide sur le lieu de travail ou en dehors, la responsabilité de l’employeur doit toujours être recherchée. L’employeur cherche toujours à mettre en cause l’histoire personnelle des agents ou leur prétendue fragilité.

 

Pourquoi ?

Parce que la réglementation (décret 82‐453) fait obligation à l’employeur de protéger la santé physique et mentale de tous les salariés, d’évaluer tous les risques professionnels pour les éliminer voire les réduire.

L’employeur public qui ne remplit pas son obligation de moyens et de résultat pour protéger la santé physique et mentale des agents, engage donc sa responsabilité dès lors que le lien avec le travail est prouvé.

 

Comment faire le lien avec le travail ?

Il faut réunir tous les faits, les témoignages qui vont attester que le travail, son ambiance, son organisation, ses conditions, ont pesé, ont eu des conséquences négatives, nocives pour le salarié.

Lorsque cette preuve est faite, la question de faire appliquer la réglementation pour protéger les autres personnels, comme celle des droits de la famille, des ayants droit, est posée.

Il faut donc faire reconnaître le suicide, obtenir qu’il soit pris en charge au titre des accidents du travail ou des maladies professionnelles. Les deux sont possibles.

 


 

REAGIR

 

Non respect du droit ?

Conditions de travail détestables ?

Violences au travail ?

Remplissez le bulletin d’alerte CGT et renvoyez le nous.

 


Pour défendre ma santé au travail

Je me syndique à la C.G.T.
 

 

 

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