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Vers PDF  IMPRIMER  Les Autres Documents  Accueil Mis en ligne le 4 Septembre 2010
 
UGICT-CGT Syndicat des Cadres
et Techniciens Parisiens
des Services Publics Territoriaux
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La Lettre d'info des encadrants de

la CGT de la Ville de Paris

n°1 juillet 2010
 

 

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit.

Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »

Article 1er de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789.

 

 

Edito

 

Au moment où le gouvernement lance une politique volontariste de destruction des services
publics, le syndicat CGT des cadres et techniciens de la Ville de Paris crée une lettre d’information que nous aimerions mensuelle ; une lettre pour tous les cadres de la Ville pour apporter, sans agressivité ni compromission, notre pierre à l’édifice commun. Formuler notre part de vérité.

Accepter, les bras ballants et la bouche béante, « l’argumentaire » du gouvernement n’est pas pour nous. Dire ce que nous pensons, ce que nous souhaitons pour notre avenir à tous.
Notre but légitime est la poursuite et même l’amélioration du service public auquel nous
croyons à destination de tous les Parisiens. Ce grand service public de qualité doit pouvoir se faire dans un respect réel et sincère de l’humain.


La plus grande richesse de la Ville et du Département de Paris sont les hommes et les femmes qui y travaillent, malgré des conditions de plus en plus difficiles: se levant tous les matins dans le but d’accomplir avec dévouement leurs tâches, quelque soit notre corps.

Les cadres assument des missions diversifiées et complexes. La municipalité compte sur leur
professionnalisme, pourtant la reconnaissance n’est pas au rendez-vous. Ce premier numéro ne prétend pas faire un inventaire exhaustif de tous les problèmes rencontrés. Le propos est d’aborder les sujets qui nous préoccupent, librement, afin de les replacer dans un contexte législatif, économique ou sociétal plus général (Carrière, Représentativité, Temps de travail…)

Cette tribune pourra également évoquer l’actualité politique et sociale, commenter les événements, recueillir des témoignages, assurer une veille juridique.

Cette lettre saura être la vôtre. Osons renouer un dialogue ouvert et constructif des cadres de la Ville pour participer ensemble à la qualité du service public de demain. N’hésitez pas, qui que vous soyez, à nous contacter pour participer à cette lettre, à donner votre point de vue.

Ne restons pas isolés, à se lamenter,
au contraire rassemblons nous et agissons !

Plus nous serons nombreux,
plus la Ville sera en mesure de nous entendre !

 

 

Position de la CGT en Commission Administrative Paritaire (CAP)

 

La section syndicale CGT des cadres vise l’obtention à terme d’un ratio promuspromouvables
sur la base des 100% des cadres A.

Les ratios actuels aboutissent à des choix qui bloquent les carrières du plus grand nombre, qui divisent souvent le personnel d’un même corps.

A l’heure où l’Etat allonge la durée des carrières, la municipalité parisienne doit répondre par un vrai déroulement de carrière des cadres A, plus rapide, en adoptant de façon transparente une durée d’avancée minimum dans les échelons.

Nous pensons que c’est en motivant l’ensemble de l’encadrement que le service public Parisien progressera. La division organisée des responsables par le biais des quotas ne fait qu’affaiblir notre efficacité et favorise à terme la privatisation de nombreux services.

 

D’un coté l’administration veut mutualiser les moyens,

de l’autre la municipalité crée une concurrence malsaine entre les agents.

Où va-t-on ?

 

 

CAP : Changer de grade, c’est de la reconnaissance acquise !

 

Comme pour l’attribution des primes, il n’y a aucune transparence dans la nomination au choix des agents.

La DRH a instauré la pénurie des postes. Mais alors, sur quels critères distribue-t-elle les tickets de rationnement ?

Depuis des années la CGT demande à la DRH de s’expliquer:

  • Sur les droits de tirage accordés à chaque Direction,

  • Sur les critères de sélection des candidats retenus ou disqualifiés,

Aujourd’hui, les nominations au choix demeurent trop souvent le fait du prince !

 

 

CAP : Changer de grade, c’est du pouvoir d’achat en plus !

 

La CGT s’oppose à la mise en concurrence des agents entre eux !

C’est tous ensemble, que nous pouvons exercer nos missions

de ce service public auquel nous sommes attachés!

 

La CGT revendique!

  • Des ratios à 100% garantissant le droit à un déroulement de carrière complet tout au long de sa vie professionnelle,

  • Un temps minimum passé dans l’échelon,

  • La priorité donnée, lors des nominations, aux agents qui passent les examens professionnels, surtout lorsqu’ils ont été admissibles.

 

 

Le pouvoir de dire ‘OUI’!

 

Le taux de nominations est défini par un arrêté du Maire de Paris. Il peut fixer des ratios à 100% !Rouages essentiels pour la gestion et la modernisation de l’administration parisienne, les encadrants se voient de plus en plus soumis à de fortes pressions :

  • Augmentation de la charge de travail ; de nouvelles missions nous sont confiées sans accompagnement par créations de postes administratifs correspondants,

  • Stagnation des carrières en termes d’avancement ou de fonctions accessibles,

  • Horaires de travail à rallonge, sans réelle possibilité de prendre les jours de RTT générés,

  • Conditions de travail dégradées,

  • Accès aux formations internes limité, et quand bien même, dans ce contexte toute absence provoque une surcharge de travail ingérable au moment du retour.

 

 

Le cadre se rebiffe ?

 

Le constat :

les conditions de travail se dégradent, le cadre souffre. Il se retrouve bien trop souvent seul face à des contraintes multiples, des exigences et des objectifs parfois impossibles à tenir. Entre le marteau et l’enclume, soumis à mille injonctions paradoxales, il constate être un pion dans l’échiquier de la politique de la commune.

Une prise de conscience émerge. Soumis comme tous au contrôle des horaires, il avait pris l’habitude de ne pas compter son temps. Comme il accumule des RTT, son Compte Épargne Temps déborde. Comme les autres, il se plie aux sacro-saintes règles de la continuité du service public, c’est le principe même du travail du fonctionnaire.

Mais les pressions de tous ordres lui pèsent trop : impossibilité de choisir ses congés, régularisations récurrentes sur Chronogestor, réunions tardives, astreintes, déplacements… il est corvéable à merci ?…

Sous prétexte d’un faux «travailler plus pour gagner plus», ou d’un motivant « travailler plus
pour rendre un meilleur service au public», le cadre s’est rendu disponible, ses horaires sont flexibles, toujours en quête de mobilité car c’est bon pour sa carrière. Il s’interroge sur le sens…

 

 

Liberté ?

 

Les cadres sont extrêmement sollicités, et peuvent occuper des fonctions stratégiques.

Avec l’utilisation mal comprise des nouveaux moyens de communication (mobiles, internet…) ils sont joignables 24h sur 24 sous prétexte d’efficacité.

  • N’encourageons pas cette « servitude volontaire » !

    Pour améliorer nos performances ou nos résultats : subir des stages de management odieux, gérer chez soi notre stress professionnel, optimiser toujours plus notre temps de travail, diriger une réunion et aussi en rédiger le compte-rendu et le diffuser.


  • Jusqu’où irons nous ?

    C’est sociétal nous dit on, ça vient du privé, de la mondialisation, de l’insécurité de l’emploi.

    Le mauvais du privé s’installe dans les services publics, on en parle peu ou uniquement à l’occasion des drames. Les cadres ne sont pas épargnés, bien au contraire.

    La souffrance au travail s’installe au point que des services « curatifs » sont mis en place.


  • Et si, plutôt qu’applaudir ces solutions palliatives nous combattions le mal en nous organisant autrement?

 

 

Fraternité ?

 

La division et la compétitivité érigée en système n’améliorent pas les relations
interpersonnelles.

Avec des objectifs contradictoires, les pressions subies sont répercutées à tous les niveaux et dégradent la nature du travail. On en oublierait l’évidence: un bon travail se fonde sur l’écoute, l’échange et le respect mutuel.

On n’entend plus parler que de Développement Durable, d’Économie sociale et solidaire, lien social, concertation, en des mots assénés mais pour quelle réalité dans le travail ? Il est
temps que la ville sorte des incantations.

Ne soyons pas dupes et complices. Assumons nos revendications de solidarité, nos responsabilités dans le système afin que les conditions du travail de tous, y compris les cadres, s’améliorent.

Si l’individualisme s’est fortement ancré dans « la culture du cadre », nous savons bien que seul, nous ne sommes rien. Face à une difficulté ? Un accident de carrière ? Une mise au placard ? Vers qui pouvons-nous nous tourner?

 

 

Égalité ?

 

La compétition sur les carrières, les stratégies personnelles, la course à la promotion ou aux responsabilité nous aveuglent ; dans ce jeu, nous sommes tous perdants. Les énormes inégalités de traitements tant au plan humain que dans le déroulement des carrières constituent de réelles discriminations.

Un cadre résidant en banlieue est perçu comme moins disponible qu’un parisien, une cadre femme est suspectée de manque d’assiduité (temps partiel, grossesses, absences pour cause de maladie infantile …).

Les mobilités et les promotions sont opaques, les évolutions carrières prédéterminées par
ton cursus universitaire, ou des affinités électives. Les compétences réelles sont rarement prises en compte, souvent laissées au bord du chemin quand elles ne sont même cassées.

  • Positionnons nous sur les réformes de la fonction publique, les conditions de travail
    et leur cadre juridique. La Commission d’Hygiène et de Sécurité et la mise en application du « travail prescrit »/« travail réel » nous concernent pleinement.

  • Soyons prêts à être force de proposition : après les catégories C et B, la réforme de la fonction publique met à l’ordre du jour la catégories A. Mobilisons nous avant qu’il ne soit trop tard !

  • Agissons maintenant, refusons d’être complice-acteur d’un système dans lequel nous avons tout à perdre. Le calendrier des projets de réforme s’accélère, ne restons pas passif ! Du côté des retraites, le gouvernement a présenté le 16 juin les détails de sa réforme : un passage progressif à 62 ans d’âge de départ , une durée de cotisation de 41 ans et un trimestre. Le taux de cotisation du public (7,85 %) s’alignerait avec celui du privé : 10,55 %, sur dix ans, amputant ainsi le pouvoir d’achat des fonctionnaires. Le régime du secteur public se déshabille, réagissons ! Faisons entendre notre désaccord avant qu’il ne soit trop tard : l’examen du projet de loi est prévu en septembre.

 


La CGT c'est vous,

CGT vous !
 

 

 
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